Avec plus de 47 millions de galaxies et quasars, la plus vaste carte 3D de l’Univers est désormais complète
Auteur: Mathieu Gagnon
L’achèvement d’une cartographie cosmique sans précédent

L’Instrument Spectroscopique pour l’Énergie Sombre, désigné par l’acronyme DESI, vient d’atteindre son objectif initial. L’équipe scientifique impliquée dans ce projet avait pour ambition de cartographier chaque zone du ciel prévue au programme, une mission qui s’est achevée un peu avant la date butoir fixée pour ce projet d’une durée de cinq ans.
Au départ, la collecte de données devait recenser un total de 34 millions de galaxies et de quasars. Le bilan final de cette campagne d’observation dépasse largement les attentes en comptabilisant 47 millions de galaxies et de quasars, ce qui constitue la plus vaste carte tridimensionnelle à haute résolution de l’Univers jamais assemblée jusqu’à ce jour.
L’objectif ultime derrière cette prouesse technique remarquable reste la compréhension de l’énergie sombre, un des grands mystères de la physique moderne.
La nature insaisissable de l’énergie sombre

L’énergie sombre représente une composante fondamentale dont l’existence est attendue au sein de notre univers. Il s’agit d’une forme d’énergie identifiée comme la force responsable de l’expansion accélérée du cosmos que les astronomes observent.
La nature exacte de ce phénomène échappe encore aux chercheurs. Néanmoins, l’observation continue de l’agrandissement de l’univers a conduit à la mise en avant de l’énergie sombre en tant que constante cosmologique. Cette notion théorique suggère l’existence d’une force invariable, qui demeurerait toujours identique à elle-même et se retrouverait de manière uniforme partout dans l’univers.
Le dispositif DESI a été spécifiquement conçu pour répondre à la question de l’énergie sombre. La méthode retenue par les scientifiques consiste à comprendre la façon dont l’univers a changé au cours des 11 derniers milliards d’années.
Les premières données bousculent les théories établies

L’analyse des informations récoltées au cours des trois premières années de l’étude apporte une perspective nouvelle et inattendue. Ces premiers éléments suggèrent que la formulation de la constante cosmologique pourrait s’avérer inexacte. Les chercheurs envisagent désormais l’hypothèse selon laquelle l’énergie sombre s’affaiblirait au fil du temps.
Les données relatives à l’intégralité des cinq années d’observation pourraient venir confirmer ces découvertes préliminaires. Les premières analyses de cet ensemble complet d’informations sont attendues pour l’année 2027.
Dans cette attente, les données issues des trois premières années continuent de faire l’objet de réanalyses et d’affinements constants de la part des équipes scientifiques chargées du traitement de l’information.
Un bilan qui dépasse les prévisions initiales

Michael Levi, qui occupe le poste de directeur du projet DESI et de scientifique au sein du Berkeley Lab, s’est exprimé dans une déclaration officielle. Il dresse le constat de cette campagne d’observation en affirmant : « Le relevé de cinq ans de DESI a été spectaculairement couronné de succès ».
Le responsable scientifique précise les conditions de cette réussite en ajoutant : « L’instrument a fonctionné mieux que prévu. Les résultats ont été incroyablement excitants. Et la taille et la portée de la carte et la rapidité avec laquelle nous avons pu l’exécuter sont phénoménales ».
Concernant la suite des opérations, il souligne la nécessité d’examiner les informations recueillies. « Nous allons célébrer l’achèvement du relevé original et ensuite commencer le travail de traitement des données, parce que nous sommes tous curieux de savoir quelles nouvelles surprises nous attendent », déclare-t-il.
L’extension de la mission vers des zones inexplorées

L’instrument DESI poursuivra ses activités jusqu’en 2028, avec pour objectif d’ajouter environ 20 pour cent de couverture supplémentaire à la carte actuelle. Cette phase inclura des régions célestes plus compliquées à observer, notamment à proximité de la Zone d’Évitement de la Voie Lactée, ou encore des secteurs situés plus bas sur l’horizon, imposant de faire face à une plus grande partie de l’atmosphère terrestre.
Le programme prévoit l’observation de galaxies rouges lumineuses, plus lointaines et plus faibles, à la fois dans ces nouveaux secteurs et dans les zones qui ont déjà été cartographiées. De surcroît, DESI étudiera des galaxies naines proches, des courants stellaires, ainsi que des étoiles autour de la Voie Lactée, l’instrument ayant déjà observé plus de 20 millions d’étoiles voisines.
Pour résumer cette nouvelle étape, Michael Levi affirme : « Nous avons construit une pièce d’équipement remarquable qui a répondu à toutes nos attentes et même plus ». Il conclut sur l’avenir du projet avec détermination : « Maintenant, nous allons au-delà de notre plan original. Nous ne savons pas ce que nous trouverons, mais nous pensons que ce sera assez excitant ».
Selon la source : iflscience.com