Naissance rare de jumeaux lémuriens menacés au zoo du Bronx, tout petits et très duveteux
Auteur: Mathieu Gagnon
Une arrivée marquante dans l’exposition Madagascar

La première semaine complète de mai débute avec une nouvelle remarquable en provenance de New York. Le zoo du Bronx vient d’annoncer la naissance non pas d’un, mais de deux lémuriens bruns à collier, une espèce particulièrement menacée.
Ces nouveau-nés ont vu le jour le 15 mars. Durant le dernier mois et demi, les petits sont restés nichés dans la fourrure de leur mère. Ils s’y accrochent fermement pendant qu’elle se déplace quotidiennement au sein de son environnement.
Cette famille évolue dans l’exposition « Madagascar ! » de l’établissement new-yorkais. Cet espace abrite une diversité d’espèces, partageant les lieux avec des makis catta, des tortues étoilées ainsi qu’une grande variété de différents oiseaux.
Des premiers pas acrobatiques et une rareté statistique

Si les jumeaux passent encore la majeure partie de leur temps blottis contre leur mère, ils commencent à faire preuve de plus d’audace à mesure qu’ils grandissent. Dans un courriel adressé à IFLScience, le zoo du Bronx précise qu' »ils ont également été vus bondissant à travers la canopée, utilisant leurs longues queues pour les aider à garder leur équilibre à la manière classique des lémuriens ».
Cet événement revêt un caractère très particulier sur le plan démographique. Selon l’Association des Zoos et Aquariums (AZA), il est relativement rare d’observer la naissance de jumeaux lémuriens dans un cadre de reproduction géré. Les naissances multiples représentent en effet moins de 25 pour cent des accouchements chez le lémurien brun à collier.
Une espèce frappée par un déclin drastique

Ces jumeaux, qui n’ont pas encore reçu de nom, incarnent une victoire pour la conservation du lémurien brun à collier. À l’image de bon nombre des 107 espèces de lémuriens originaires de Madagascar, leur terre natale, ils sont classés comme étant en danger par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Les données fournies par cette organisation de conservation indiquent que l’espèce a subi un déclin de sa population à l’état sauvage de plus de 50 pour cent sur une période de 24 ans. Cette chute brutale des effectifs s’explique par plusieurs facteurs liés à l’activité humaine.
La destruction de leur habitat, causée par la production de charbon de bois et les pratiques agricoles non durables, constitue la menace principale. L’exploitation par la chasse pèse lourdement sur leur survie. Les preuves actuelles suggérant que ces menaces ne se sont pas atténuées, il est prévu que la population de lémuriens bruns à collier continuera de décliner au même rythme.
Maintenir la viabilité génétique en captivité

C’est face à cette urgence que les programmes de conservation entrent en jeu. Le zoo du Bronx participe activement à un plan de l’AZA destiné à assurer la survie des lémuriens bruns à collier.
Ce plan se concentre sur la reproduction des lémuriens dans le cadre de soins gérés, dans un but bien précis : maintenir la viabilité génétique de l’espèce. Cette approche scientifique permet de constituer une population de secours résiliente.
La viabilité génétique signifie qu’une espèce possède suffisamment de diversité génétique pour être en bonne santé, se reproduire, ainsi que survivre et s’adapter aux changements environnementaux, comme l’apparition d’une nouvelle maladie.
L’espoir d’une réintroduction sur la plus vieille île du monde

La situation est d’autant plus urgente que Madagascar, reconnue comme la plus vieille île du monde, connaît un déclin rapide de sa biodiversité. L’objectif à long terme de ces programmes est de faire en sorte qu’un jour, des lémuriens comme les jumeaux nés au zoo du Bronx puissent être réintroduits dans leurs habitats naturels pour restaurer l’ampleur et la profondeur de la vie présente sur l’île.
Pour les personnes souhaitant apercevoir ces jumeaux si spéciaux dans leur enclos actuel, il existe un créneau horaire privilégié. La visite demande un certain sens de l’observation au sein de la végétation dense de l’exposition.
Selon Kate, superviseure adjointe du zoo du Bronx, le meilleur moment est l’après-midi. Elle précise que c’est à cette période de la journée que les visiteurs ont vu les bébés le plus souvent.
Selon la source : iflscience.com