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Comment le nouveau satellite surpuissant de la NASA révèle l’affaissement accéléré de la ville de Mexico
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une mégalopole bâtie sur les vestiges d’un ancien lac

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Depuis plus d’un siècle, les experts savent pertinemment que la ville de Mexico s’enfonce progressivement dans un ancien aquifère. Désormais, la NASA a mis en orbite l’un des systèmes radar spatiaux les plus puissants jamais développés pour cartographier cette descente en temps réel.

La métropole occupe des terres qui formaient autrefois le lac Texcoco, le plus grand lac d’un réseau interconnecté qui remplissait l’ensemble de la vallée de Mexico. Avant la conquête espagnole, les Mexicas avaient érigé leur capitale, Tenochtitlan, sur une île au milieu de cette étendue d’eau. Ils géraient les inondations grâce à un système d’ingénierie extrêmement complexe comprenant des chaussées, des digues et des chinampas.

À la suite de la conquête, les autorités espagnoles ont pris la décision de développer la cité coloniale en démantelant une grande partie de ces infrastructures. Elles ont finalement asséché le lac dans le but de contrôler les inondations. Ce processus, qui s’est déroulé sur plusieurs siècles, a modifié la topographie locale tout en engendrant des problèmes d’affaissement durables.

Un phénomène d’affaissement qui s’accélère avec l’urbanisation

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Aujourd’hui, la capitale abrite environ 20 millions de personnes. Le pompage intensif des eaux souterraines couplé au poids grandissant du développement urbain a provoqué un compactage massif du lit du lac au cours du siècle dernier. Des ingénieurs ont signalé ce phénomène pour la toute première fois en 1925.

Ce constat a été dressé de nouveau dans les années 1990 et 2000, lorsque des études ont révélé que certaines zones de la région métropolitaine s’enfonçaient d’environ 35 centimètres (14 pouces) par an. Une telle déformation du sol a naturellement entraîné des dégradations majeures sur les infrastructures locales.

Le réseau du Métro, qui compte parmi les systèmes de transport en commun rapide les plus vastes de toutes les Amériques, a notamment subi des dommages. Au fil des décennies, plusieurs générations de radars spatiaux ont observé le lent plongeon de la cité vers les profondeurs.

La mission NISAR : un œil spatial d’une précision inédite

credit : lanature.ca (image IA)

La nouvelle mission NISAR, qui a été lancée en 2025, est aujourd’hui capable de scruter la progression de ce déclin avec une clarté jamais vue auparavant. Le satellite survole la zone à de multiples reprises chaque mois pour récolter ses précieuses données terrestres.

Son radar à synthèse d’ouverture en bande L fonctionne à des fréquences comprises entre 1 et 2 GHz. Il offre une imagerie haute résolution capable de traverser toutes les conditions météorologiques. Cet instrument est spécifiquement conçu pour suivre des variations subtiles, qu’il s’agisse de l’affaissement ou du soulèvement des terres, du mouvement des glaciers ou encore de la croissance des cultures agricoles.

Dans une déclaration officielle, Craig Ferguson, chef de projet adjoint au siège de la NASA à Washington, a expliqué la pertinence du système : « Des images comme celle-ci confirment que les mesures de NISAR correspondent aux attentes. » Il a ensuite précisé : « Le radar à bande L à grande longueur d’onde de NISAR permettra de détecter et de suivre l’affaissement des terres dans des régions plus difficiles et à végétation dense telles que les communautés côtières où elles peuvent subir les effets combinés de l’affaissement des terres et de l’élévation du niveau de la mer. »

Des mesures millimétrées autour de l’Ange de l’Impudence

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Selon les premières mesures effectuées par la mission NISAR entre octobre 2025 et janvier 2026, certains quartiers de la ville de Mexico s’affaissent de plus de 2 centimètres (un demi-pouce) chaque mois. Ces zones spécifiques apparaissent sous la forme de taches bleues sur une nouvelle carte que la NASA vient tout juste de publier.

Les secteurs de la carte marqués en jaune et en rouge sont pour le moment considérés comme des signaux de bruit résiduel. Ces imperfections visuelles devraient logiquement diminuer au fur et à mesure que le satellite continuera de collecter de nouvelles données au-dessus de la métropole.

L’une des zones d’affaissement les plus visibles se situe autour du monument emblématique connu sous le nom de l’Ange de l’Impudence, situé le long du célèbre Paseo de la Reforma. Cet édifice a été construit en 1910 pour commémorer les cent ans de l’indépendance du Mexique. Haut de 36 mètres (114 pieds), ce monument a dû être pourvu de marches supplémentaires au fil des années, car le terrain qui l’entoure ne cesse de s’enfoncer.

Une technologie à double fréquence pour surveiller la planète

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David Bekaert, chef de projet à l’Institut flamand pour la recherche technologique et membre de l’équipe scientifique de NISAR, souligne l’importance de ces premières observations : « La ville de Mexico est un point chaud bien connu en matière d’affaissement, et des images comme celle-ci ne sont que le début pour NISAR. » Il anticipe déjà la suite du programme : « Nous allons assister à un afflux de nouvelles découvertes en provenance du monde entier, compte tenu des capacités de détection uniques de NISAR et de sa couverture mondiale constante. »

Le satellite NISAR se distingue par une prouesse technique majeure : il est le tout premier engin spatial à embarquer deux instruments SAR distincts. Il dispose d’une part d’un SAR en bande L, qui mesure des longueurs d’onde de 24 centimètres, et d’autre part d’un SAR en bande S, qui mesure des longueurs d’onde de 10 centimètres.

Cet équipement de pointe a été conçu pour surveiller les surfaces terrestres et glaciaires de la planète deux fois tous les 12 jours. Pour collecter cet immense volume de données, le vaisseau spatial utilise son réflecteur en forme de tambour. Il s’agit tout simplement du plus grand réflecteur d’antenne radar que la NASA ait jamais envoyé dans l’espace depuis sa création.

Selon la source : iflscience.com

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