Un début de saison endeuillé

La saison chaude s’installe à peine, et déjà, un drame vient rappeler la vigilance impérative aux abords des cours d’eau. Un enfant de deux ans a perdu la vie dans la rivière des Outaouais, une tragédie qui soulève de douloureuses questions sur la sécurité des plus jeunes.
L’événement a immédiatement fait réagir les experts en prévention. Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage du Québec, a exprimé sa tristesse et son inquiétude. « Un enfant a perdu la vie et il y a une famille qui est endeuillée. Sans porter de jugement, je me demande ce que l’enfant faisait sans surveillance près d’une rivière », s’est-il interrogé.
Les faits se sont déroulés vendredi, peu avant 19 heures. Le Service de police d’Ottawa (SPO) a reçu un appel signalant la disparition d’un enfant sur la promenade Kichi Zibi Mikan, une route panoramique qui borde la rivière dans la capitale canadienne.
Une mobilisation d’envergure

Dès leur arrivée sur les lieux, les premiers intervenants n’ont pas trouvé l’enfant. Face à l’urgence, une vaste opération de recherche a été immédiatement déclenchée, ont communiqué les autorités le samedi suivant. L’effort était coordonné, impliquant notamment le Service de police de la Ville de Gatineau, de l’autre côté de la rivière.
Les moyens déployés étaient considérables. De nombreux policiers ont été mobilisés, épaulés par l’équipe de plongée, une unité de soutien aérien et des agents des forces spéciales. Une véritable course contre la montre s’est engagée.
Une témoin, Andrée-Anne Pare, opératrice de grue qui travaillait à ce moment-là, a décrit l’intensité de la scène. « La police était partout, surtout sur les ponts de la région et au bord de la rive », a-t-elle raconté. Elle a également observé l’appareil des forces de l’ordre : « L’avion de la police circulait en cercle proche des écluses du barrage ». La suite des événements s’est accélérée sous ses yeux. « Plusieurs voitures de police se sont déplacées au même endroit proche des écluses et ils sont partis à toute vitesse vers un hôpital », a-t-elle ajouté.
Quarante minutes d’angoisse et une issue fatale

C’est finalement depuis les airs que le bambin a été localisé. Selon le Service de police d’Ottawa, l’unité de soutien aérien a repéré l’enfant dans les eaux de la rivière des Outaouais, environ 40 minutes après le début des recherches.
Une fois ramené à terre, les premiers soins lui ont été prodigués dans une tentative désespérée de le sauver, avant son transport d’urgence vers un centre hospitalier. C’est là que son décès a été constaté. L’identité du jeune enfant n’a pas été divulguée par les autorités.
Ce drame marque une statistique funeste. Selon une recension effectuée par Le Journal, il s’agit du premier décès par noyade d’un enfant survenu en 2026, que ce soit en Ontario ou au Québec.
Le cri d’alarme des experts en sauvetage

Pour Raynald Hawkins, cette tragédie illustre un schéma de risque bien connu. Il précise que les noyades chez les très jeunes, de 0 à 6 ans, se produisent généralement dans des piscines privées. En revanche, les enfants un peu plus âgés, entre 6 et 12 ans, sont plus souvent victimes des dangers des eaux vives. Un autre accident récent le confirme : le 4 mai dernier, un garçon de 12 ans a perdu la vie après avoir sauté dans le lac Mahogany, en Alberta.
Face à ce constat, le directeur de la Société de sauvetage insiste sur des gestes de prudence fondamentaux. « Quand on est près de l’eau, il faut prendre les enfants par la main, comme lorsqu’on marche avec eux près de la rue », a-t-il martelé.
Il rappelle que les rivières cachent des dangers invisibles, même pour ceux qui savent nager. Des vortex peuvent se former, rendant les courants particulièrement redoutables, surtout au printemps lorsque le débit est plus rapide en raison de la saison des crues. C’est pourquoi le port d’une veste de sauvetage est fortement recommandé.
Des drames qui se répètent

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon la Société de sauvetage du Québec, les rivières sont le théâtre de 36 % de toutes les noyades. Le dernier rapport de l’organisme, portant sur l’année 2025 au Québec, fait état de 61 personnes qui ont perdu la vie dans l’eau. Parmi elles se trouvaient 5 enfants âgés de 0 à 5 ans.
Ce bilan vient de s’alourdir avec une autre affaire. Le jeudi précédant le drame d’Ottawa, le corps d’Hassoun Choui a été retrouvé dans la rivière des Prairies. Cet étudiant de 18 ans avait été emporté par le courant le 26 mars dernier.
Les circonstances de sa disparition sont aussi tragiques. Il s’était aventuré sur la glace avec un ami. La surface a cédé, et si son ami a pu être sauvé in extremis, Hassoun Choui n’a pas eu cette chance.
Selon la source : journaldemontreal.com