L’Iran adresse un message virulent à Karoline Leavitt après la naissance de son deuxième enfant
Auteur: Simon Kabbaj
Une annonce de naissance qui vire à l’incident diplomatique

Un heureux événement personnel peut-il se transformer en une affaire d’État ? C’est ce qui est arrivé à Karoline Leavitt, l’attachée de presse du président américain Donald Trump. Alors qu’elle célébrait sur les réseaux sociaux la naissance de son deuxième enfant, deux ambassades iraniennes ont réagi publiquement, l’accusant d’avoir les « mains tachées de sang ».
Karoline Leavitt, âgée de 28 ans, est une figure clé de l’administration Trump depuis le retour du président au Bureau Ovale l’année dernière. Sa simple annonce familiale a déclenché une série de messages accusateurs, ravivant les tensions autour d’une frappe militaire controversée.
La joie d’une mère partagée sur Instagram

Tout a commencé par une publication personnelle sur Instagram. Karoline Leavitt y a partagé une photo la montrant tenant son nouveau-né dans ses bras. Un moment de bonheur qu’elle a souhaité partager avec ses abonnés, loin des tumultes de la politique internationale.
La légende accompagnant la photo était empreinte de tendresse et de gratitude : « Le 1er mai, Viviana, alias ‘Vivi’, a rejoint notre famille, et nos cœurs ont instantanément explosé d’amour. Elle est parfaite et en bonne santé, et son grand frère s’adapte joyeusement à la vie avec sa nouvelle petite sœur. Nous profitons de chaque instant dans notre bulle de nouveau-né bienheureuse. » Elle ajoutait : « Merci à tous ceux qui m’ont soutenue par leurs prières pendant ma grossesse – je les ai vraiment ressenties tout au long de cette expérience. Dieu est Bon. »
La première riposte : l’ambassade d’Iran en Arménie
Congratulations to you. Children are innocent and lovable. Those 168 children that your boss killed in the school in Minab, and you justified, were also children. When you kiss your baby, think of the mothers of those children. https://t.co/uhypZFhRRf
— IRI Embassy in Armenia (@iraninyerevan) May 9, 2026
Quelques heures seulement après cette annonce, le ton a radicalement changé. L’ambassade d’Iran en Arménie a publié un message des plus troublants à l’attention de la jeune mère. Reprenant sa publication sur le réseau social X, l’ambassade a directement interpellé Karoline Leavitt.
Le message était direct et accusateur : « Félicitations à vous. Les enfants sont innocents et adorables. Ces 168 enfants que votre patron a tués dans l’école de Minab, et que vous avez justifiés, étaient aussi des enfants. Quand vous embrasserez votre bébé, pensez aux mères de ces enfants. »
Avec ces mots, les responsables iraniens faisaient référence à un événement tragique survenu plus tôt cette année : une attaque conjointe menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Durant cette offensive, un missile a touché l’école primaire Shajareh Tayyebeh dans la ville de Minab. Selon les autorités du Moyen-Orient, cette frappe aurait coûté la vie à 168 personnes, dont une majorité d’enfants.
Une seconde accusation venue d’Afrique du Sud
La réaction iranienne ne s’est pas arrêtée là. Le compte X de l’ambassade d’Iran en Afrique du Sud a également publié un message adressé à Karoline Leavitt, renforçant les accusations portées par leurs homologues en Arménie.
Le ton était tout aussi sévère : « Quand votre enfant grandira et lira l’histoire, elle aura honte que vous ayez servi l’un des gouvernements les plus détestés de l’histoire. Vos mains sont tachées du sang de nombreux enfants innocents, comme les enfants de Minab. » Cette seconde publication martèle l’idée d’une responsabilité directe de l’attachée de presse dans les événements de Minab.
La version américaine des faits

Face à cette offensive médiatique, quelle est la position des États-Unis ? Au moment des faits, les médias américains avaient rapporté que le bâtiment de l’école avait été endommagé lors d’une « frappe de précision ». De son côté, en mars, Karoline Leavitt avait fermement nié que les États-Unis ciblaient des civils.
Elle avait alors déclaré : « Le Département de la Guerre enquête sur cette affaire. Et je vous dirais très fermement que les États-Unis d’Amérique ne ciblent pas les civils, contrairement au régime iranien voyou qui cible les civils, qui tue des enfants, qui a tué des milliers de ses propres citoyens ces dernières semaines et qui utilise la propagande de manière assez efficace, et malheureusement, de nombreuses personnes dans cette salle sont tombées dans le panneau de cette propagande. »
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, avait également commenté les allégations iraniennes lors d’un point de presse au Pentagone : « Tout ce que je peux dire, c’est que nous enquêtons sur ce point. Nous ne ciblons bien sûr jamais de cibles civiles. Mais nous examinons la situation et nous menons une enquête. » Le président Donald Trump avait pour sa part suggéré que l’Iran pourrait être lui-même responsable de ces morts.
Un bilan humain lourd au-delà des déclarations
Au-delà de la guerre des mots entre Washington et Téhéran, le conflit a des conséquences humaines dramatiques. Les chiffres dressent un tableau sombre de la situation dans la région, rappelant que derrière les déclarations politiques se trouvent des vies brisées.
En mars, un rapport de l’UNICEF USA a mis en lumière le lourd tribut payé par les plus jeunes. Selon l’organisation, depuis le début de l’attaque américano-israélienne, plus de 1 800 enfants ont été tués ou blessés à travers le Moyen-Orient. Un chiffre qui souligne la vulnérabilité des populations civiles prises au piège de ces affrontements.
Créé par des humains, assisté par IA.