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L’humanité pourrait atteindre la singularité d’ici seulement 4 ans, selon les tendances
Crédit: lanature.ca (image IA)

Le mystère de la singularité technologique

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L’idée de singularité occupe une place prépondérante dans l’univers de l’intelligence artificielle. Ce concept insaisissable décrit le moment précis où la machine dépasse le contrôle humain pour ensuite transformer rapidement la société. Selon certaines projections récentes, ce basculement majeur pourrait survenir d’ici seulement quatre ans. La difficulté centrale avec cette singularité technologique réside dans la prédiction exacte de son commencement.

Il n’est d’ailleurs pas surprenant que ce domaine de recherche emprunte sa terminologie à la physique des trous noirs. En effet, il s’avère presque impossible de savoir ce qui se trouve au-delà de cet « horizon des événements » technologique une fois qu’il est franchi. L’intelligence artificielle générale se révèle ainsi plus proche que prévu selon une mesure spécifique.

Pour tenter d’y voir clair, certains chercheurs spécialisés traquent les signes tangibles indiquant que cette singularité est en passe d’être atteinte. Ils évaluent les progrès des machines en observant le moment où elles s’approchent de compétences et de capacités comparables à celles d’un être humain.

La traduction comme baromètre de l’intelligence artificielle générale

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L’entreprise de traduction Translated, basée à Rome, a défini l’une de ces mesures d’évaluation. Elle considère que la capacité d’un programme informatique à traduire la parole avec la même précision qu’un humain constitue un indicateur fiable de son évolution. Le langage représente effectivement l’un des défis les plus difficiles à relever en la matière pour les développeurs.

Un ordinateur capable de combler cet écart d’expression pourrait théoriquement montrer des signes d’intelligence artificielle générale. La maîtrise des subtilités linguistiques exige une compréhension profonde du contexte, une faculté traditionnellement réservée au cerveau humain.

« C’est parce que le langage est la chose la plus naturelle pour les humains », a déclaré Marco Trombetti, le directeur général de Translated, lors d’une conférence tenue en 2022 à Orlando, en Floride. « Néanmoins, les données collectées par Translated montrent clairement que les machines ne sont pas si loin de combler l’écart. »

L’analyse de deux milliards d’interventions sur huit ans

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Pour étayer ces observations, la société italienne a suivi minutieusement les performances de son propre système sur une longue période, s’étalant de 2014 à 2022. Les équipes se sont appuyées sur une mesure de calcul précise appelée « Time to Edit », soit le temps d’édition. Cette métrique évalue le temps nécessaire aux éditeurs humains professionnels pour corriger les traductions générées par la machine.

Les chercheurs comparent ensuite ces données de révision avec le temps requis pour corriger des textes initialement traduits par des professionnels en chair et en os. Cette méthode permet d’obtenir une comparaison rigoureuse de la qualité du texte produit par le système automatisé face à l’expertise humaine.

Sur cette période de huit ans, l’étude a analysé plus de deux milliards d’interventions de post-édition. Les résultats obtenus par Translated ont mis en évidence une amélioration lente, mais indéniable du système. L’outil a progressivement réduit la distance qui le séparait de la qualité de traduction d’un niveau strictement humain.

Des chiffres précis illustrant une progression constante

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Selon les données statistiques fournies par Translated, un traducteur humain met en moyenne environ une seconde pour éditer chaque mot produit par un de ses confrères. En 2015, il fallait environ 3,5 secondes par mot aux éditeurs professionnels pour vérifier et corriger une suggestion issue de la traduction automatique.

Aujourd’hui, ce chiffre de révision est tombé à seulement deux secondes. Si cette tendance mathématique se maintient de façon linéaire, le système automatisé de l’entreprise sera aussi performant que la production humaine d’ici la fin de la décennie, ou même plus tôt si la courbe s’accélère.

« Le changement est si petit que chaque jour vous ne le percevez pas, mais quand vous voyez les progrès … sur 10 ans, c’est impressionnant », a affirmé Marco Trombetti lors d’un podcast. « C’est la première fois de l’histoire que quelqu’un dans le domaine de l’intelligence artificielle fait une prédiction de la vitesse vers la singularité. »

Les limites de la définition et l’impact sur la société

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Bien qu’il s’agisse d’une approche novatrice pour quantifier à quel point l’humanité se rapproche de ce basculement, cette définition se heurte à des obstacles théoriques. Elle rencontre des problèmes similaires à ceux posés pour identifier l’intelligence artificielle générale de manière plus large. La frontière entre une exécution technique performante et une véritable conscience reste complexe à établir.

Si le perfectionnement de la parole humaine constitue certainement une frontière majeure dans la recherche technologique, cette compétence impressionnante ne rend pas nécessairement une machine intelligente par nature. Sans oublier que de nombreux chercheurs ne s’accordent même pas entre eux sur la définition exacte de ce qu’est l’intelligence.

Que ces traducteurs d’une précision extrême soient ou non les signes avant-coureurs de notre perte technologique, cela ne diminue en rien l’accomplissement réalisé par Translated. Un programme informatique capable de traduire la parole de façon aussi fluide qu’un humain pourrait très bien changer la société en profondeur, même si la véritable « singularité technologique » demeure toujours insaisissable à ce jour.

Selon la source : popularmechanics.com

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