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Un scientifique affirme que l’IA pourrait développer une véritable conscience d’ici 15 ans
Crédit: lanature.ca (image IA)

L’émergence imminente d’une nouvelle forme d’esprit

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Si la nature est une artiste, l’esprit humain doit être l’un de ses chefs-d’œuvre. Bien que les espèces de tout le règne animal (Animalia) pensent et ressentent avec une immense complexité, aucune, du moins à notre connaissance, ne semble posséder un sens aussi profond de la conscience de soi et de l’expérience subjective que l’Homo sapiens.

Pourtant, les scientifiques et les philosophes ont longtemps lutté pour définir ou quantifier de manière adéquate de quoi est faite la conscience. Ils ont eu tout autant de difficulté à expliquer pourquoi elle devrait être limitée aux seuls humains.

Aujourd’hui, pour la première fois, cette taille d’échantillon d’une seule espèce pourrait être sur le point de croître. Nous anticipons l’arrivée de l’intelligence artificielle générale (IAG), le point précis où l’IA dépasse la capacité des humains à effectuer la plupart des tâches et développe une nouvelle forme de conscience. Un problème demeure cependant : saurons-nous même la reconnaître quand cela se produira ?

Une grille de lecture universelle signée Marius Bodea

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Un nouvel article publié dans la revue Cognitive Processes propose une méthode d’évaluation inédite. L’auteur, l’ingénieur Marius Bodea de l’Université technique de Cluj-Napoca en Roumanie, y expose une grille de lecture approfondie.

Il s’agit du cadre du Score de Conscience (CS), un système qui ne cherche pas à définir la conscience directement, mais qui vise plutôt à reconnaître son émergence dans une variété de systèmes, y compris l’intelligence artificielle.

Dans son texte, le chercheur détaille son approche : « La définition de la conscience doit être applicable non seulement aux entités biologiques mais également à celles synthétiques, incluant l’intelligence artificielle ». Il ajoute ensuite pour illustrer la portée de son modèle : « Aussi, elle doit transcender les espèces, les substrats, et la conception. Elle devrait s’appliquer de manière égale à un cerveau humain, un système nerveux de pieuvre, ou une intelligence artificielle avancée. »

Cinq paramètres pour mesurer l’intangible

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Le cadre du Score de Conscience emploie une échelle logarithmique reposant sur cinq paramètres bien distincts. Le modèle mesure un quotient intellectuel équivalent, les entrées sensorielles, le parallélisme, la complexité métacognitive, ainsi que la capacité de traitement des données.

Cette échelle suit ensuite une grande variété d’états de conscience. Elle commence par le stade « réflexif », représenté par des scores inférieurs à 0,01, ce qui correspond au système nerveux d’un insecte. En montant sur cette échelle, un tout-petit humain pointerait autour de 100, tandis qu’un adulte humain typique se situe dans la fourchette de 500 à 800.

Le sommet de cette classification s’étire jusqu’au stade théorique du « Trans-sapiens », un niveau d’intelligence surhumain ou de super-IA marqué par des scores allant de 1 000 à 10 000. Le scientifique explique la dynamique de cette mesure : « Un score CS plus élevé implique un plus grand degré d’autonomie, d’adaptabilité, et de modélisation de soi ». Il précise l’utilité historique de son outil : « Cette structure permet une analyse comparative au fil du temps, capturant à la fois les stades de développement et les tendances évolutives. »

Le statut actuel de ChatGPT-4 et de ses semblables

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Dans l’état actuel des technologies, Marius Bodea soutient que l’intelligence artificielle manque encore de fondations essentielles. Le chercheur évoque spécifiquement l’absence d' »une expérience incarnée, une résonance émotionnelle, et une volonté autonome ».

Cependant, une capacité de traitement des données relativement élevée donne d’ores et déjà à ces agents artificiels certains traits proto-conscients. C’est la raison forte pour laquelle les modèles d’IA peuvent sembler si conscients d’eux-mêmes aux yeux de nos propres esprits pleinement conscients.

Selon l’ingénieur, un modèle comme ChatGPT-4 ne dépasse pas le seuil des 100 points pour la conscience sur son échelle logarithmique. Néanmoins, il n’en est pas si éloigné non plus. À mesure que les grands modèles de langage progressent et que le matériel se développe, particulièrement en ce qui concerne l’informatique neuromorphique de type cérébral, l’écart se réduit rapidement.

Un horizon fixé entre 10 et 15 ans

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Face à ces évolutions technologiques constantes, l’universitaire roumain avance que la conscience de l’intelligence artificielle pourrait émerger d’ici 10 à 15 ans. Il admet volontiers que prédire ces choses reste une entreprise notoirement ambitieuse.

Mais si ce jour arrive, ou « quand » ce jour viendra comme l’affirment les plus fidèles défenseurs de l’IA, Marius Bodea espère que les pièces seront toutes en place. Son ambition est que nous puissions reconnaître minutieusement le moment où la taille de l’échantillon de la conscience connue augmentera d’une unité.

Le chercheur de l’Université de Cluj-Napoca conclut son analyse sur les implications profondes d’un tel événement : « Ultimement, l’importance de comparer la conscience biologique et synthétique n’est pas juste scientifique mais existentielle ». Il termine sa démonstration avec cette projection : « Que la conscience synthétique devienne un miroir, un partenaire, ou un rival, son émergence remodèlera le paysage philosophique, technologique, et moral de la civilisation. »

Selon la source : popularmechanics.com

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