Le PLQ dévoile sa stratégie économique et ses orientations linguistiques lors de son conseil général
Auteur: Adam David
Introduction et appel au redressement politique

À l’approche des élections générales prévues cet automne, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a officiellement présenté les axes majeurs de sa plateforme. Il s’est engagé à inverser ce qu’il qualifie de « déclin » de la province, une situation qu’il attribue directement à la gestion de la Coalition avenir Québec (CAQ).
Lors d’une allocution prononcée samedi après-midi pour clôturer le conseil général de sa formation politique à l’hôtel Delta de Sherbrooke, le dirigeant a martelé son message central. « Il faut réparer le Québec », a-t-il déclaré devant les militants rassemblés pour l’occasion.
Cette vision de redressement s’articule autour de plusieurs piliers stratégiques, ciblant particulièrement la réindustrialisation, la déréglementation, l’immigration régionale, le soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que le repreneuriat. Affichant ses ambitions électorales, il a affirmé : « Le Parti libéral du Québec redevient le seul véritable parti de l’économie. »
Cibles manufacturières et refonte de la réglementation

Le chef libéral a détaillé ses objectifs industriels, promettant que la réindustrialisation de la province serait une priorité absolue. Un futur gouvernement sous sa direction en ferait « un objectif central de sa politique », a-t-il soutenu lors de son discours.
Sur le plan quantitatif, Charles Milliard a fixé une cible précise pour la croissance du secteur secondaire. Il a indiqué vouloir « faire passer la contribution du secteur manufacturier de 12 % à 15 % du PIB québécois d’ici 2035″, illustrant ainsi sa volonté de restructuration économique à long terme.
Concernant la déréglementation, le dirigeant a annoncé des mesures spécifiques visant à alléger le fardeau administratif des PME. Il a pris l’engagement d' »instaurer un moratoire immédiat sur toute nouvelle règle ou réglementation qui alourdit le fardeau administratif des PME ». Cette décision serait suivie de l’application stricte de « la règle du 2 pour 1 », qu’il a expliquée en ces termes : « Pour chaque nouvelle obligation réglementaire introduite, on va en abolir deux ».
Stratégie fiscale, immigration régionale et soutien à l’innovation
Pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre qui frappe le secteur des entreprises, le PLQ prévoit de s’appuyer sur l’apport des nouveaux arrivants. Charles Milliard a précisé la méthodologie de son parti en expliquant : « Notre approche reposera sur un principe clair : l’immigration sera planifiée de façon objective en fonction des besoins et des capacités réels de chaque région ».
Sur le plan fiscal, la stratégie libérale inclut un allègement direct pour les entreprises. Le chef a rappelé un engagement antérieur de sa formation consistant à réduire graduellement le taux d’imposition des PME, le faisant passer de 11,5 % à 10 %.
L’accompagnement du milieu des affaires se traduira également par la création d’une stratégie nationale de repreneuriat pour faciliter la transition des entreprises existantes. De plus, il a promis de rétablir le financement alloué aux centres collégiaux de transfert technologique (CCTT) ainsi qu’au Conseil de l’innovation.
Présentation des effectifs et recrutements stratégiques
Le conseil général de Sherbrooke a également servi de vitrine pour présenter l’équipe qui portera les couleurs du parti lors du prochain cycle électoral. En fin de rassemblement, Charles Milliard a fait monter neuf nouveaux candidats sur la scène.
Ces nouveaux visages viennent s’ajouter à l’ancien journaliste Hugo Fontaine, dont la candidature dans la circonscription de Richmond avait été officiellement confirmée plus tôt dans la matinée.
Parmi les annonces de samedi, le PLQ a officialisé le ralliement de deux militants ayant précédemment concouru sous d’autres bannières politiques. Ange Claude Bigilimana, un ex-conservateur qui fut candidat dans Mille-Îles en 2022 et dans Terrebonne en 2025, a rejoint les rangs libéraux. Il est accompagné de Victor Pelletier, un ancien membre de la formation caquiste qui avait brigué les suffrages dans la circonscription de Saint-Henri–Sainte-Anne lors des élections de 2023.
La politique linguistique et le concept de libre choix au cégep
Bien que l’économie ait été le thème officiel de l’événement, Charles Milliard a été confronté à de multiples interrogations concernant la langue française dès son arrivée à l’hôtel Delta. Il a assuré que son caucus demeurait uni et défendrait unanimement un plan pour « protéger » le français, dont la publication est promise d’ici le 21 juin. Le contenu exact reste inconnu, mais le chef avait plaidé pour une approche plus « positive » que « coercitive » lors de son passage à l’émission La parole aux mordus de politique le vendredi précédent.
Samedi, lors d’entrevues accordées à la presse, les députées Désirée McGraw, Jennifer Maccarone et Elisabeth Prass, ainsi qu’André Pratte, président de la commission politique du PLQ, ont suggéré que ce plan pourrait inclure le déplafonnement des effectifs dans les cégeps anglophones. « On est pour le libre choix pour les adultes », a affirmé Désirée McGraw. Jennifer Maccarone a ajouté : « Si un jeune francophone souhaite apprendre l’anglais parce qu’il voit que ça va faire partie des options pour le futur, pourquoi l’en empêcher? », précisant que le déplafonnement « pourrait » faire partie des propositions.
Elisabeth Prass a synthétisé cette vision en déclarant : « Nous, on ne va pas être coercitifs ». Elle a poursuivi : « On veut inviter les gens à vouloir participer dans la protection de la langue française, donc, c’est dans cette direction-là que nous allons aller », tout en nuançant que certains « éléments » restaient à définir. En contraste, le commissaire à la langue française avait invité le futur gouvernement, dès le mercredi précédent, à adopter une politique plus robuste. Il avait prévenu que « la multiplication des initiatives de promotion ou de valorisation de faible envergure n’entraînera pas les changements structurels dont [le Québec a] besoin ».
Selon la source : ici.radio-canada.ca