Hantavirus : une épidémiologiste de l’OMS répond aux craintes d’un « prochain Covid »
Auteur: Simon Kabbaj
Un navire de croisière au cœur de l’inquiétude

Le souvenir du coronavirus reste gravé dans les mémoires. En 2019, des murmures en provenance de Chine évoquaient un nouveau virus. En mars 2020, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) déclarait l’état de pandémie mondiale, plongeant la planète dans une ère de confinements et d’incertitudes. Aujourd’hui, les données de l’OMS font état de plus de 7 millions de décès liés au coronavirus. Une cicatrice encore douloureuse qui explique la nervosité actuelle face à une nouvelle alerte sanitaire.
Cette fois, l’attention se porte sur un navire de croisière, le MV Hondius. Le 1er avril, il a quitté l’Argentine avec environ 150 passagers à son bord. Depuis, un drame s’est noué : trois de ces passagers sont décédés des suites d’une infection à l’hantavirus. Plusieurs autres personnes, y compris le médecin du navire, sont également tombées malades. De quoi raviver les craintes d’un scénario catastrophe.
L’Andes virus : une souche particulièrement redoutable

L’hantavirus n’est pas un inconnu. Ce virus, qui a notamment causé la mort de Betsy Arakawa en février 2025, est habituellement transmis par des rongeurs comme les souris et les rats. Mais la souche identifiée sur le MV Hondius est différente et bien plus inquiétante. Nommée « virus Andes », elle possède une caractéristique rare : elle peut se transmettre d’une personne à l’autre par simple contact.
Le taux de mortalité associé à cette souche est alarmant, atteignant jusqu’à 40%. Les autorités argentines soupçonnent que l’infection initiale pourrait provenir d’une excursion d’observation d’oiseaux à Ushuaia, à laquelle deux des passagers décédés avaient participé avant d’embarquer. La situation a conduit à des mesures d’isolement. Selon la BBC, deux ressortissants britanniques qui étaient à bord du navire sont actuellement en auto-isolement par précaution.
L’OMS tempère : « Ce n’est pas le prochain Covid »

Face à l’anxiété montante, qui rappelle les débuts de la pandémie de Covid-19, une experte de l’Organisation Mondiale de la Santé a pris la parole pour clarifier la situation. L’objectif : rassurer le public sans minimiser la gravité de la maladie.
Maria Van Kerkhove, épidémiologiste à l’OMS, a déclaré, selon Sky News : « Ce n’est pas le prochain Covid, mais c’est une maladie infectieuse grave. La plupart des gens ne seront jamais exposés à cela. » Ses propos visent à distinguer clairement la nature de cette épidémie de celle, globale et massive, du coronavirus, tout en soulignant le danger réel pour les personnes infectées.
Les autorités sanitaires américaines et britanniques sur le qui-vive
La réponse internationale s’organise pour contenir le risque. Aux États-Unis, Jay Bhattacharya du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) a tenu à calmer les inquiétudes. « Nous comprenons que les gens sont préoccupés et cherchent des informations », a-t-il expliqué. « L’hantavirus n’est pas propagé par des personnes sans symptômes, la transmission nécessite un contact étroit, et le risque pour le public américain est très faible. » Il a ajouté que le CDC « possède les plus grands experts mondiaux sur l’hantavirus » et coordonnait avec les partenaires internationaux le « suivi de l’état de santé et la préparation d’un soutien médical pour tous les passagers américains de la croisière. »
Même son de cloche au Royaume-Uni. Le Dr Meera Chand, directrice adjointe pour les épidémies et les infections émergentes à l’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA), a exprimé sa compassion : « Nos pensées vont à toutes les personnes affectées par l’épidémie d’hantavirus à bord du MV Hondius. » Elle a ensuite insisté : « Il est important de rassurer les gens sur le fait que le risque pour le grand public reste très faible. » Concernant les ressortissants britanniques, elle a précisé : « Nous mettons en place des dispositions pour soutenir, isoler et surveiller les ressortissants britanniques du navire à leur retour au Royaume-Uni et nous recherchons les contacts de toute personne qui aurait pu être en contact avec le navire ou les cas d’hantavirus pour limiter le risque de transmission ultérieure. »
Les premiers symptômes : comment les reconnaître ?

Le virus Andes est extrêmement rare. Le microbiologiste Dr Gustavo Palacios a indiqué à CNN qu’il n’y a eu que 3 000 cas connus dans toute l’histoire. C’est la seule forme d’hantavirus pour laquelle une transmission interhumaine a été documentée. Une étude a montré que la fenêtre d’infectiosité des patients était d’environ un jour, au moment où la fièvre apparaît, et qu’une brève proximité avec une personne infectée pouvait suffire à la transmission.
Les symptômes apparaissent généralement entre une et huit semaines après l’infection. Les premiers signes peuvent être confondus avec une grippe et incluent :
- Fatigue
- Fièvre
- Douleurs musculaires
- Maux de tête
- Vertiges
- Frissons
- Nausées et vomissements
- Diarrhée
Une évolution rapide et dangereuse : le syndrome pulmonaire

Principalement présent en Amérique du Sud, le virus Andes a un taux de létalité élevé, oscillant entre 20 et 40%. Sa dangerosité réside dans sa capacité à provoquer le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), une affection grave qui s’attaque aux poumons.
Après la première phase de symptômes, la maladie peut rapidement évoluer. Les symptômes plus tardifs sont le signe d’une aggravation et doivent alerter immédiatement. Ils comprennent principalement :
- Une toux
- Un essoufflement
Cette détresse respiratoire est la complication la plus redoutée de l’infection par le virus Andes et nécessite une prise en charge médicale urgente.
Créé par des humains, assisté par IA.