Le directeur de la prison la plus dangereuse du monde explique quel est le seul objet autorisé dans les cellules
Auteur: Simon Kabbaj
La naissance d’une méga-prison hors normes

En 2023, le président du Salvador, Nayib Bukele, a lancé une vaste offensive visant à éradiquer la violence des gangs. Cette politique sécuritaire a conduit à la construction du Centre de confinement du terrorisme, officiellement connu sous l’acronyme CECOT. Cet établissement a rapidement attiré l’attention internationale en raison de son envergure titanesque et de l’ampleur de sa population carcérale.
S’étendant sur une superficie équivalente à celle de 32 terrains de football, le CECOT s’impose aujourd’hui comme la plus grande prison au monde. L’infrastructure a été dimensionnée pour enfermer 40 000 individus, présentés comme les criminels les plus dangereux de toute la planète. Parmi cette population carcérale figurent de très nombreux tueurs impliqués dans le crime organisé.
L’établissement détient principalement des membres présumés du MS-13 et du Barrio 18, deux gangs historiques de la région. Ces groupes se distinguent par des tatouages spécifiques que portent leurs membres. Belarmino García, le directeur de la prison, a affirmé que le simple fait d’avoir ce dessin identifiable tatoué sur le corps peut suffire à vous envoyer au CECOT pour le reste de votre vie.
Un aménagement cellulaire dépourvu de tout confort

L’architecture intérieure de la méga-prison a été conçue pour offrir un environnement austère. L’édifice abrite 256 cellules totalement dépourvues de fenêtres. À l’intérieur de ces murs, la densité est très élevée, puisque chaque cellule enferme en moyenne entre 80 et 156 détenus simultanément.
Le mobilier mis à la disposition de ces condamnés est réduit au strict minimum. Ils doivent dormir sur des lits en métal à plusieurs niveaux, sans jamais avoir droit à un matelas, un oreiller ou des couvertures. L’administration impose également que les conversations entre les détenus soient maintenues à un niveau minimum.
Les règles concernant les objets personnels sont implacables. Le seul et unique objet autorisé à l’intérieur des cellules est une bible. En dehors de ce livre religieux, les prisonniers n’ont le droit de posséder ni écrans, ni livres, ni journaux, ou quoi que ce soit d’autre qui pourrait les occuper.
Des peines vertigineuses et l’absence de réhabilitation

Le système judiciaire salvadorien applique des sanctions extrêmement lourdes pour remplir ce complexe sécuritaire. De nombreuses personnes incarcérées au CECOT purgent actuellement des condamnations s’élevant à plus de 700 ans de réclusion. L’enfermement prend ainsi un caractère définitif pour ces détenus.
Le passé violent des prisonniers est mis en évidence par de récentes interviews réalisées derrière les barreaux. Un détenu a par exemple admis devant la caméra avoir tué 30 personnes. Il a précisé qu’il ne ressentait « aucun remords » vis-à-vis des crimes qu’il avait commis.
Cet individu est allé plus loin dans ses confessions en ajoutant qu’il ferait exactement la même chose s’il venait un jour à être relâché dans la société. Une éventualité de libération qui, bien entendu, ne se produira pas au vu du fonctionnement de l’établissement.
Une discipline de fer et la menace de l’obscurité

Bien que l’établissement regroupe certains des membres de gangs les plus vicieux et violents de l’histoire, le maintien de l’ordre semble absolu. Selon le directeur Belarmino García, pas un seul détenu ne sort du rang, jamais. Cette discipline s’appuie sur des sanctions internes particulièrement redoutées.
Si un individu ose ne serait-ce que penser à enfreindre les règles extrêmes du complexe, les conséquences sont immédiates. Le directeur García envoie les détenus fautifs être enfermés dans un trou en béton, avec zéro lumière, pour une durée pouvant aller jusqu’à 30 jours.
En contraste total avec l’obscurité de cette cellule de punition, le reste de la prison fonctionne sous un éclairage ininterrompu. Le directeur a fait remarquer que les lumières restent allumées 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans l’installation, afin de s’assurer qu’il soit toujours en mesure de « voir ce qu’ils font ».
Un quotidien immuable sous l’œil des caméras

Le régime quotidien imposé aux prisonniers se caractérise par une sédentarité extrême et une routine alimentaire stricte. Les repas se résument à un plat identique servi deux fois par jour, tous les jours, composé uniquement de haricots et de riz. Face à ces conditions, le directeur García lui-même a décrit la prison comme « l’enfer ».
Les détenus n’ont presque aucune possibilité de quitter leurs dortoirs. Ils passent 23 heures et demie par jour à l’intérieur de leurs cellules. Dans cet emploi du temps, seule une petite demi-heure est allouée pour faire de l’exercice.
Ce huis clos fait l’objet d’un nouveau documentaire qui explore l’intérieur du CECOT. Intitulé « Richard Madeley on Murder Row » et désormais disponible en streaming sur Channel 5, ce reportage met en lumière les conditions auxquelles les détenus sont soumis. Des pratiques qui, comme le suggèrent les critiques, violent les normes internationales des droits de l’homme.
Créé par des humains, assisté par IA.