Le directeur de la prison la plus dangereuse du monde révèle pourquoi les lumières ne sont jamais éteintes
Auteur: Simon Kabbaj
Un complexe tentaculaire né d’une politique de répression au Salvador

Jadis connu sous le nom de « capitale mondiale du meurtre », le Salvador abrite aujourd’hui la plus grande prison de la planète. Officiellement nommé le Centre de Confinement du Terr*risme (CECOT), ce complexe détient jusqu’à 40 000 des criminels considérés comme les plus dangereux au monde. Ces individus évoluent dans des conditions brutales, que de nombreux critiques estiment contraires aux normes internationales des droits de l’homme.
L’origine de cette installation remonte à l’année 2023. Le CECOT a été construit dans le cadre de la répression de la violence des gangs orchestrée par le président Nayib Bukele. L’établissement accueille principalement des membres présumés de gangs locaux, parmi lesquels figurent les groupes MS-13 et Barrio 18, regroupant ainsi certains des délinquants les plus dangereux du pays.
Pour comprendre l’échelle de cette structure, il faut s’imaginer une surface équivalente à celle de 32 terrains de football. Cette immensité de béton est conçue pour isoler totalement ses occupants, plongeant les détenus dans un environnement que le directeur de la prison lui-même décrit comme un véritable « enfer ».
Un éclairage perpétuel et un dépouillement absolu

Belarmino García, le directeur de la prison, est chargé de maintenir l’ordre au sein de cette installation. Au cours d’un entretien, il a révélé un aspect spécifique des lieux : les lumières n’ont jamais été éteintes dans l’établissement, et elles ne le seront jamais.
Le responsable s’est montré précis sur ce point de règlement en déclarant : « Nous avons un système d’éclairage 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. » Il a ensuite expliqué la nécessité de cette mesure : « Cela fait simplement partie du protocole, j’ai besoin de pouvoir voir ce qu’ils font. »
Le directeur García a ajouté que les prisonniers dorment sur des lits en métal à plusieurs niveaux. Ils ne disposent d’aucun matelas, d’aucun oreiller et d’aucune couverture. Le seul objet toléré à l’intérieur des cellules est une bible. Au-delà de ce livre, aucun écran, livre ou journal n’est autorisé. De plus, les conversations entre les détenus doivent être réduites au strict minimum.
Le dôme électronique et la cellule punitive en béton

Pour s’assurer que l’isolement soit complet, la prison est protégée par un dôme électronique. Ce dispositif bloque intégralement le signal des téléphones portables à l’intérieur de l’établissement. La direction affirme d’ailleurs qu’il est « impossible que quoi que ce soit soit introduit en contrebande ».
Le système carcéral a également mis en place des méthodes spécifiques pour maintenir la discipline. Un détenu qui choisit de ne pas respecter le règlement s’expose à une sanction immédiate d’isolement.
Ce châtiment prend la forme d’un trou en béton dans lequel le prisonnier peut être enfermé. Cette mesure d’enfermement strict peut durer jusqu’à 30 jours consécutifs pour tout individu s’écartant du droit chemin au sein de l’établissement.
Un quotidien chronométré et un régime alimentaire invariable

Dans ce centre de confinement du terr*risme, la routine des prisonniers est immuable. Bien que le dispositif de sécurité soit particulièrement rigoureux, les hommes sont comptés quotidiennement. Ils passent 23 heures et demie par jour enfermés à l’intérieur de leurs cellules.
La période passée en dehors de la cellule ne dure que 30 minutes. Durant ce court laps de temps, le programme est strictement encadré. Les détenus pratiquent la callisthénie, une forme d’exercice physique, et écoutent la lecture de passages de la bible.
L’alimentation au CECOT obéit à la même logique de répétition. En ce qui concerne les repas, les criminels reçoivent la même nourriture deux fois par jour, et ce, tous les jours de l’année. Leur assiette se compose invariablement de haricots et de riz.
Des peines cumulées vertigineuses sans espoir de sortie

La perspective d’une sortie est inexistante au sein du CECOT, car de nombreux détenus n’en sortiront jamais. Beaucoup d’entre eux purgent des peines consécutives de plus de 700 ans d’emprisonnement, ce qui garantit qu’ils ne seront jamais libérés de l’enceinte.
Lors d’un entretien, un détenu a admis n’avoir « aucun regret » après avoir tué 30 personnes innocentes. Il a précisé qu’il referait exactement la même chose s’il venait à être relâché un jour dans la société.
L’ensemble de ces détails a été exposé dans un nouveau documentaire diffusé sur Channel 5. Intitulé « Richard Madeley on Murder Row », ce programme s’infiltre dans le CECOT et révèle les conditions auxquelles ces hommes sont soumis. Le documentaire est actuellement disponible en streaming.
Créé par des humains, assisté par IA.