Trump menace de « détruire » tout un pays s’il refuse de céder à ses exigences – Détroit d’Ormuz
Auteur: Simon Kabbaj
Un point de passage maritime stratégique sous tension

Donald Trump affiche une détermination ferme concernant la réouverture du détroit d’Ormuz. Ce canal de navigation vital est actuellement bloqué par l’Iran, et ce depuis la fin du mois de février. Le dirigeant américain entend résoudre cette situation qui paralyse l’une des artères commerciales les plus importantes au monde.
Sur le plan de la géographie, le détroit d’Ormuz s’intercale précisément entre l’Iran, Oman et les Émirats arabes unis (EAU). Sa configuration en fait l’unique voie d’accès permettant aux navires de relier les eaux du golfe Persique à celles de l’océan ouvert. Cette position géographique exclusive lui confère une dimension hautement stratégique pour le transport maritime international.
Les enjeux économiques mondiaux et l’évolution des exigences iraniennes

L’importance de ce détroit se mesure particulièrement à travers les volumes d’hydrocarbures qui y transitent. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), environ 25 % du commerce mondial de pétrole transporté par voie maritime passe par ce bras de mer. L’organisation énergétique observe que le blocage orchestré par l’Iran a causé la situation qu’elle redoutait, et prévient : « Une perturbation des flux à travers le détroit aurait d’énormes conséquences pour les marchés mondiaux du pétrole, »
Parallèlement, la position du gouvernement iranien a sensiblement évolué. Initialement, l’Iran souhaitait simplement bloquer l’accès à ce détroit. Désormais, le pays ambitionne de s’approprier ce passage clé. Les autorités iraniennes souhaitent en effet imposer aux navires qui y naviguent de payer pour avoir le droit de le traverser.
Des négociations au point mort face au refus de tout contrôle exclusif

Face à ce blocage prolongé, les États-Unis s’efforcent de parvenir à un accord avec l’Iran afin que le détroit d’Ormuz soit de nouveau pleinement rouvert. Cependant, malgré des semaines de négociations diplomatiques, aucun compromis de ce type n’a encore été trouvé entre les différentes parties prenantes.
Des propositions ont émergé, suggérant notamment que la prétendue propriété du détroit soit partagée entre Oman et l’Iran. Lors d’une déclaration le mardi 26 mai, Donald Trump a fermement indiqué que cette option n’était pas envisageable. « Le détroit va être ouvert à tout le monde, » a-t-il alors affirmé.
Le dirigeant a ensuite détaillé la vision américaine, selon des propos relayés par le journal The Guardian : « Personne ne va le contrôler. Nous allons veiller dessus. Nous veillerons dessus. Mais personne ne va le contrôler. Cela fait partie des négociations que nous avons. »
Un avertissement sans précédent adressé à un pays allié

La tension est montée d’un cran lorsque le président américain a formulé une menace explicite à l’encontre d’Oman, qui est pourtant un pays allié des États-Unis, dans le cas où cette nation ne se plierait pas à ses exigences. « Oman va se comporter comme tout le monde. Ou bien nous devrons les faire exploser, » a déclaré Donald Trump, avant d’ajouter : « Ils comprennent cela. Ils iront bien. »
Certains observateurs de la scène politique ont d’abord pensé que le président aurait pu commettre un lapsus lors de cette intervention. Néanmoins, le département d’État américain a très vite balayé cette hypothèse. L’institution a en effet repartagé les sentiments du dirigeant sur le réseau social Twitter, semblant ainsi confirmer que Donald Trump était parfaitement sérieux concernant ses menaces envers Oman.
La création d’une nouvelle autorité par l’Iran
Sur le terrain, l’Iran a récemment lancé l’Autorité du détroit du golfe Persique (PGSA). Cette nouvelle instance a d’emblée déclaré qu’aucun navire ne pourrait transiter par cette voie d’eau stratégique sans avoir obtenu son approbation explicite au préalable.
L’annonce a rapidement généré des rumeurs quant à la mise en place d’un supposé péage pour les navires de passage. Esmail Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a été interrogé par la chaîne de télévision australienne ABC et a assuré que ce n’était pas le cas.
Toutefois, une nuance financière demeure. Selon des informations rapportées par CNBC, le porte-parole iranien a également précisé que « la navigation et la préservation de l’écosystème du détroit, du golfe Persique et de la mer d’Oman auront des coûts ».
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