Alexandre Boulerice vers Québec solidaire : le député confirme une option sérieuse
Auteur: Adam David
Alexandre Boulerice confirme son intérêt pour Québec solidaire
Les spéculations allaient bon train depuis plusieurs jours, et la confirmation est tombée ce lundi. Alexandre Boulerice, figure bien connue du paysage politique fédéral, a officiellement réagi aux rumeurs évoquant son départ potentiel du Nouveau Parti démocratique (NPD). Le député envisage concrètement de quitter la scène fédérale pour se lancer en politique provinciale sous la bannière de Québec solidaire (QS).
S’adressant aux journalistes présents à Ottawa, le député de la circonscription de Rosemont–La Petite-Patrie n’a pas cherché à éluder la question. Il a au contraire validé l’hypothèse avec franchise. C’est une possibilité et c’est une possibilité qui est sérieuse
, a déclaré Alexandre Boulerice, avant d’ajouter pour préciser sa pensée : Toutes les options sont encore ouvertes.
Cette réflexion sur son avenir politique semble s’ancrer dans une volonté de renouveau après une longue carrière à la Chambre des communes. Faisant le bilan de son parcours actuel, il a confié aux médias : Ça fait 15 ans que je suis député fédéral. Peut-être qu’un jour il y aura autre chose que la politique fédérale.
Une exception réglementaire votée par les militants solidaires
Ce changement de cap potentiel survient dans un contexte interne très particulier pour Québec solidaire. Samedi dernier, les délégués du parti ont procédé à un vote crucial modifiant leurs propres statuts. Ils ont approuvé une exception spécifique aux règles de candidature pour la circonscription de Gouin, qui est actuellement le siège de Gabriel Nadeau-Dubois, député sortant et ex-co-porte-parole.
Cette décision tranche avec la ligne directrice adoptée par le parti en juin dernier. À cette époque, Québec solidaire avait statué que pour les prochaines élections prévues cet automne, les investitures dans les comtés déjà détenus par le parti — et où le député sortant ne se représentait pas — seraient exclusivement réservées à des femmes ou à des personnes non binaires.
L’exception votée ce week-end change la donne pour la circonscription de Gouin. Elle autorise spécifiquement la candidature d’un homme indépendantiste de gauche
, ouvrant ainsi grand la porte à un profil correspondant à celui d’Alexandre Boulerice pour succéder à Gabriel Nadeau-Dubois.
L’impact sur le NPD et l’échéancier de la décision
Le départ éventuel d’Alexandre Boulerice aurait des répercussions majeures pour le Nouveau Parti démocratique. La formation politique, qui a vu son nombre de députés réduit à sept lors des élections fédérales d’il y a un an, se retrouverait dans une situation précaire au Québec. Si le député de Rosemont–La Petite-Patrie venait à quitter le navire, le NPD n’aurait plus aucun élu pour représenter la province à la Chambre des communes.
Concernant le calendrier de cette décision, Alexandre Boulerice a tenu à tempérer les attentes immédiates. Il a indiqué qu’il ne ferait aucune annonce avant la conclusion de la course à la chefferie du NPD, un événement prévu pour la fin du mois de mars. Il souhaite respecter ce processus interne avant de trancher sur son propre avenir.
Interrogé sur le moment où il rendra sa décision publique, il a clairement établi sa hiérarchie des priorités actuelles. C’est ça, la priorité pour moi en ce moment
, a-t-il affirmé en référence à la course à la direction du parti, concluant simplement : On se reparlera ensuite.
La question de la souveraineté et l’autodétermination
Le positionnement idéologique d’Alexandre Boulerice sur la question nationale a également été au cœur des échanges avec la presse. Lorsqu’on lui a demandé directement s’il se considérait comme un souverainiste, le député fédéral a choisi la prudence, évitant de répondre par un oui ou un non catégorique.
Il a préféré ramener le débat aux valeurs de sa formation politique actuelle. C’est un principe fondamental au NPD, le droit des peuples à l’autodétermination
, a-t-il assuré pour justifier sa position. Il a ensuite renvoyé la responsabilité de ce choix aux électeurs eux-mêmes, déclarant : C’est aux Québécois et aux Québécoises de décider de leur avenir politique.
Malgré cette réponse nuancée sur son étiquette actuelle, Alexandre Boulerice a tenu à rappeler un fait historique concernant ses convictions passées. Il a souligné que lors du référendum de 1995 sur l’indépendance du Québec, il avait voté oui
.
Un parcours politique entre nuances et contradictions
Ce rappel de son vote en 1995 contraste toutefois avec certaines de ses déclarations antérieures, illustrant la complexité de son parcours politique. Il est utile de noter que dans un article publié par le journal La Presse en 2011, Alexandre Boulerice affirmait alors ne pas être indépendantiste, et ce, malgré son vote favorable à la souveraineté lors du deuxième référendum.
Cette ambivalence passée, couplée à l’ouverture récente des statuts de Québec solidaire pour un candidat masculin indépendantiste, place le député à la croisée des chemins. Entre son ancrage fédéral actuel et les appels du provincial, la situation reste en suspens jusqu’au printemps prochain.
Par ailleurs, l’actualité politique ne s’arrête pas à ce potentiel transfert. D’autres dossiers occupent l’espace médiatique, comme la Fédération des policiers municipaux qui cherche actuellement à se faire entendre du ministre Lafrenière, témoignant de l’effervescence générale sur la scène politique.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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