Un engagement financier renouvelé quatre ans après l’invasion
Quatre années se sont écoulées jour pour jour depuis le début de l’invasion russe en Ukraine. Pour marquer ce triste anniversaire, le gouvernement dirigé par Mark Carney a choisi de renforcer significativement son soutien à Kiev. L’enveloppe globale de l’aide militaire canadienne atteindra ainsi la somme de 2 milliards de dollars pour l’exercice financier 2026-2027.
Il est important de préciser la composition de cette somme substantielle pour bien comprendre l’engagement d’Ottawa. Sur ces deux milliards, environ 300 millions de dollars constituent de l’argent frais, nouvellement injecté par le gouvernement fédéral. Le reste du montant, soit la majeure partie estimée à environ 1,75 milliard de dollars, avait déjà été prévu et budgété pour l’année 2025.
Cette annonce survient dans un contexte où le soutien international à l’Ukraine doit se renouveler face à la durée du conflit. Le Canada réaffirme ainsi sa position en consolidant les fonds alloués à la défense ukrainienne pour les années à venir, assurant une continuité dans l’effort de guerre face à l’agresseur russe.
Plus de 400 blindés canadiens en route vers le front
Au-delà des chiffres, cette aide se matérialisera très concrètement sur le terrain par l’envoi de matériel lourd. Le gouvernement canadien a confirmé, par voie de communiqué, qu’il fera don de plus de 400 véhicules blindés destinés à renforcer les capacités des forces ukrainiennes au sol.
Le détail de cet inventaire révèle une contribution logistique majeure de l’industrie canadienne. La livraison comprendra notamment 66 blindés légers de type 6s, fabriqués par l’entreprise General Dynamics. Ces engins sont réputés pour leur polyvalence et leur protection sur les théâtres d’opérations complexes.
En complément, le Canada fournira 383 véhicules blindés Senator. Ces derniers sont construits par le manufacturier Roshel. Cet apport massif en véhicules vise à offrir une mobilité accrue et une meilleure sécurité aux troupes ukrainiennes engagées sur la ligne de front.
Une concertation étroite avec la Coalition des volontaires
L’annonce de cette nouvelle aide s’inscrit dans une démarche diplomatique concertée. À son arrivée au Parlement, le premier ministre Mark Carney a tenu à souligner le contexte de cette décision. Il a raconté avoir « eu une conversation avec la Coalition des volontaires, y compris le président Zelensky », juste avant de s’engager formellement à verser ces fonds.
Cette fameuse Coalition des volontaires est une structure internationale spécifique, créée à l’initiative du premier ministre britannique Keir Starmer. Elle rassemble aujourd’hui 35 pays alliés de l’Ukraine, dont la composition est majoritairement européenne. Il est à noter une particularité géopolitique importante : les États-Unis ne font pas partie de ce groupe spécifique.
Le premier ministre canadien a profité de l’occasion pour livrer son analyse de la situation sur le terrain, affichant un optimisme résolu quant à l’issue du conflit. Mark Carney a ainsi déclaré : « La Russie n’accomplit rien de ses objectifs militaires et stratégiques. Et l’économie russe devient de plus en plus faible. »
Soutien énergétique et bilan financier global
Le volet militaire n’est pas le seul axe de soutien déployé par Ottawa. La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a annoncé en parallèle un versement supplémentaire de 20 millions de dollars. Cette somme sera spécifiquement allouée au Fonds de soutien à l’énergie en Ukraine, un secteur vital pour la survie des populations civiles.
Les infrastructures énergétiques ukrainiennes demeurent en effet des cibles privilégiées et sont régulièrement visées par des bombardements russes, plongeant des régions entières dans la précarité. Anita Anand a justifié cette aide d’urgence avec des mots forts : « Au milieu de l’hiver, l’Ukraine souffre du froid extrême. C’est pour cette raison qu’on veut soutenir le secteur énergétique ukrainien, et dénoncer le comportement épouvantable de la Russie ».
En cumulant ces nouvelles annonces avec les engagements précédents, le total de l’aide canadienne à l’Ukraine atteint des sommets. Selon les chiffres avancés par la ministre Anand, le soutien d’Ottawa représente désormais 23,5 milliards de dollars « en diverses formes d’aide, militaire, financière et économique ».
L’opération UNIFIER prolongée de trois ans
L’engagement canadien passe aussi par la formation des troupes, un aspect crucial pour la pérennité de la défense ukrainienne. Ottawa a annoncé, en même temps que l’aide financière, une prolongation de trois ans de la mission canadienne d’entraînement des soldats ukrainiens, connue sous le nom d’opération UNIFIER.
L’objectif de cette mission est clair : préparer les recrues ukrainiennes aux réalités du combat moderne avant leur déploiement. C’est un travail de fond qui permet de professionnaliser les forces armées de Kiev et d’augmenter leurs chances de survie et d’efficacité sur le terrain.
L’ampleur de cette opération est considérable lorsqu’on observe le bilan historique. Selon les chiffres officiels fournis par Ottawa, le Canada a entraîné plus de 47 000 soldats ukrainiens depuis le lancement de la mission en 2015, confirmant le rôle central de l’armée canadienne dans ce dispositif d’assistance.
Sanctions élargies : la flotte fantôme et le pétrole visés
Enfin, le gouvernement canadien a décidé de resserrer l’étau économique autour de Moscou. Ottawa imposera de nouvelles sanctions visant spécifiquement 21 personnes et 53 entités reliées au régime russe. Selon la ministre Anita Anand, ces mesures cibleront en priorité le secteur énergétique de la Russie.
Le Canada s’attaque également au contournement des règles internationales. Une centaine de navires appartenant à la « flotte fantôme » russe, utilisés pour transporter du pétrole en violation des sanctions, seront désormais ciblés en vertu du Règlement sur les mesures économiques spéciales. De plus, le Canada abaisse son prix plafond pour le pétrole brut d’origine russe, le faisant passer de 47,60 $ US à 44,10 $ US le baril.
Ces mesures punitives visent à assécher les revenus qui financent l’effort de guerre du Kremlin. Pour clore ces annonces et réitérer la position indéfectible du Canada, le premier ministre Carney a conclu par une promesse solennelle : « On va être [aux côtés de l’Ukraine] aussi longtemps que nécessaire ».
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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