Aller au contenu
Référendum : le dilemme qui pourrait tout changer pour Paul St-Pierre Plamondon
Crédit: lanature.ca (image IA)

La promesse référendaire à l’épreuve du terrain

Le chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon, sent-il la pression monter ? Chahuté par les libéraux sur son engagement phare, une question flotte désormais dans l’air : pourrait-il être tenté de moduler sa promesse de tenir un référendum sur la souveraineté ? L’idée d’une consultation organisée « au moment opportun », plutôt que la certitude d’un vote « dans un premier mandat », pourrait en effet rassurer les électeurs les plus frileux.

Cette interrogation n’est pas le fruit du hasard. Le chef péquiste a lui-même reconnu la réalité du terrain. Au cours de sa campagne de porte-à-porte pour l’élection partielle de Chicoutimi, il a entendu les « craintes légitimes » exprimées par les citoyens qu’il a rencontrés. Un contact direct avec l’électorat qui semble avoir nourri sa réflexion.

C’est dans son discours de victoire qu’il a commencé à ajuster le tir. Conscient du « contexte géopolitique instable », il a promis de former un « vrai gouvernement », une formule se voulant rassurante. Tout en affirmant, bien sûr, garder le cap sur l’objectif final : la souveraineté du Québec.

Un vocabulaire ajusté, une promesse nuancée

Le changement de ton le plus significatif est survenu le lendemain de sa victoire, lors d’un échange que d’aucuns qualifient de « serré et révélateur » avec la presse parlementaire. De nouveaux mots ont fait leur apparition dans le vocabulaire du chef péquiste pour décrire son engagement. Il a notamment soutenu qu’il était « raisonnable » d’envisager l’ouverture d’une « fenêtre » pour la tenue d’un référendum au cours d’un premier mandat péquiste.

Cette fenêtre, quand pourrait-elle s’ouvrir ? Peut-être, a-t-il laissé entendre, après le départ de Donald Trump de la Maison-Blanche. Ce langage ajusté transforme la nature de la promesse. Ce qui était présenté comme une certitude devient désormais une « forte probabilité ». Pour appuyer cette nouvelle posture, Paul St-Pierre Plamondon a insisté sur le fait que son équipe agirait de manière « intelligente et responsable ».

Ces nuances tranchent radicalement avec l’ambiance du congrès péquiste de janvier dernier. En réplique à Mark Carney, PSPP avait alors livré un discours enflammé, entièrement consacré à la nécessité de l’indépendance. « La campagne référendaire était lancée », avait-il clamé dans une atmosphère qualifiée d’un peu « surréelle ». Depuis cet épisode, le Parti Québécois a vu une large part de son avance dans les sondages s’effriter.

L’opportunité pour Charles Milliard et les libéraux

Face à ces ajustements, l’opposition libérale voit une ouverture. La stratégie de Charles Milliard, le nouveau visage pressenti du Parti Libéral du Québec, semble limpide. En se contentant de sourire, les bras croisés, il peut aisément jouer la carte du parti de l’économie « au lieu du référendum ». Une posture qui, à elle seule, pourrait lui permettre de récolter d’emblée une bonne part des circonscriptions.

Le contexte lui est favorable. Charles Milliard profite déjà du lustre que Mark Carney a su redonner à la marque libérale au niveau fédéral. Si le nouveau chef du PLQ parvenait en plus à se rapprocher de l’électorat francophone, notamment en améliorant son positionnement sur les enjeux de la langue et de l’identité, le parti pourrait alors véritablement « passer la gratte » et rafler bien plus de sièges que prévu.

Le dilemme péquiste : authenticité contre pragmatisme

La question se pose donc crûment : le chef péquiste pourrait-il se défaire de l’échéance absolue du premier mandat ? Le calcul est complexe. Après tout, Paul St-Pierre Plamondon ne sera pas plus avancé pour tenir un référendum s’il n’obtient qu’un gouvernement minoritaire, ou pire, s’il « échappe le pouvoir » après avoir longtemps dominé les intentions de vote.

Cependant, le risque d’un recul est immense. Une source au sein même du Parti Québécois signale qu’abandonner l’engagement phare d’un référendum rapide lui ferait perdre son « vernis de convictions et d’authenticité ». C’est précisément cette image qui l’a propulsé des « bas-fonds jusqu’au sommet ». C’est, en effet, un pensez-y-bien.

Dans le clan péquiste, certains estiment que le changement doit porter sur la forme, et non sur le fond. « Se montrer plus rassurant et rassembleur, éviter que sa nature polémiste ressorte », confie-t-on en interne. Un conseil qui vise à adoucir l’image du chef sans renier le projet central.

Entre la peur et les faits, un chemin à définir

La théorie défendue par la libérale Christine Fréchette, selon laquelle le contexte actuel est le pire moment pour préparer un référendum, paraît logique et trouve un écho favorable auprès de bon nombre d’électeurs. Le PQ pourrait tenter de nourrir leur réflexion en présentant des faits concrets, qui vont au-delà de la « peur légitime sur le plan émotionnel ».

Par exemple, la présence de Mark Carney dans l’entourage libéral n’a pas empêché l' »impétueux » président américain d’imposer des tarifs sur l’aluminium et le bois d’œuvre, des mesures qui font mal au Québec. Un argument visant à démontrer que la stabilité économique n’est jamais garantie, même sans projet souverainiste.

Malgré tout, il sera difficile pour le chef péquiste de contrer la perception tenace que sa promesse référendaire s’ajouterait inévitablement au « cocktail d’incertitudes » ambiant, un cocktail qui pourrait ralentir les investissements. On saura donc prochainement s’il est un homme de compromis, ou s’il est un… caribou.

Selon la source : journaldequebec.com

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu