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Un nouveau sondage révèle que près de la moitié des Américains ont « honte » de Trump
Crédit: shutterstock

Une semaine marquée par le conflit iranien et un remaniement des certitudes

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The White House, Wikimedia Commons (Public domain)

Le climat s’alourdit autour de la Maison-Blanche, à en croire une nouvelle enquête d’opinion révélant que 48 % des électeurs ont honte qu’il soit leur président. Deux stratèges politiques se sont penchés sur les hauts et les bas de ces derniers jours, décortiquant une séquence dominée par les inquiétudes croissantes liées à la guerre en Iran.

Cette semaine a en effet été presque exclusivement définie par le conflit iranien. Le public assiste à un enchaînement de frictions diplomatiques avec les alliés des États-Unis et à la publication de sondages confirmant l’impopularité de cette guerre. À cela s’ajoutent des témoignages embarrassants au Capitole, venus fragiliser les justifications initiales du président pour engager le pays dans ce conflit, ainsi qu’un rappel cruellement humain du prix à payer avec le rapatriement des corps de soldats américains depuis le Moyen-Orient.

La journée de mardi a néanmoins offert une brève parenthèse avec les célébrations de la Saint-Patrick. Lors de la visite du Taoiseach irlandais, Micheal Martin, Donald Trump a exprimé son espoir de se rendre dans son club de golf en Irlande cette année. Cependant, le président a profité de l’occasion pour fustiger ses alliés, leur reprochant de ne pas contribuer à la réouverture stratégique du détroit d’Ormuz. Plus tard dans la même journée, Joe Kent a démissionné de son poste de directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, suggérant au passage que l’administration avait menti en affirmant que l’Iran représentait une menace imminente.

Dover, le Capitole et une réception japonaise au goût amer

Side-by-side fusion: « Sanae Takaichi portrait (HD).jpg » by Immediate source: MOFA/Japanese Embassy to South Africa, probable source: Cabinet Public Affairs Office licensed under CC BY 4.0 via Wikimedia Commons + « Donald Trump official portrait.jpg » by Shealeah Craighead (Public domain) via Wikimedia Commons

Le mercredi a ramené le président face aux conséquences directes du conflit. Donald Trump s’est rendu à la base aérienne de Dover pour le transfert solennel des dépouilles de six militaires américains, disparus dans un accident d’avion lors d’une mission de soutien à la guerre contre l’Iran. Une séquence particulièrement poignante pour un commandant en chef qui avait, jadis, promis de mettre fin aux guerres étrangères.

Pendant ce temps, sur la colline du Capitole, Tulsi Gabbard, sa directrice du renseignement national, s’empêtrait dans ses explications. Pressée de questions, elle a peiné à déterminer si l’Iran représentait véritablement une menace imminente, allant jusqu’à s’interroger publiquement sur le fait de savoir s’il relevait ou non de ses prérogatives de procéder à une telle évaluation.

Le lendemain, les tensions diplomatiques se sont invitées dans le Bureau ovale lors de la réception de la Dame de fer du Japon, Sanae Takaichi. Cette rencontre a généré son lot de questions délicates concernant le conflit, notamment sur les raisons pour lesquelles le président américain n’avait pas averti ses alliés de l’imminence des frappes. Assis aux côtés de la Première ministre, Donald Trump a lâché : « Qui en sait plus sur l’effet de surprise que le Japon ? » avant d’ajouter : « Pourquoi ne m’avez-vous pas parlé de Pearl Harbor ? »

Le bulletin de John Zogby : la note F pour une économie et une diplomatie dans le rouge

United States government, Department of State – via wikimedia public domain

Quel est le verdict de nos stratèges ? Pour John Zogby, le constat est sans appel et mérite un F. Trois semaines après le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, la cote d’approbation globale de Donald Trump a chuté à 44 %, soit une baisse de 3 points par rapport à février. Sa cote de désapprobation atteint désormais 54 %, contre 50 % précédemment. Ces chiffres proviennent d’un nouveau sondage mené mercredi et jeudi derniers par John Zogby Strategies auprès de 1 000 électeurs probables à travers le pays.

Loin de bénéficier de l’effet de rassemblement souvent observé en temps de guerre, le président voit son action soutenue par seulement 43 % des sondés (une baisse de 2 points par rapport à la veille du conflit), tandis que 52 % s’y opposent (contre 46 % auparavant). Une majorité d’électeurs indépendants, noirs et hispaniques rejettent cette guerre. Par ailleurs, 52 % des personnes interrogées anticipent une dégradation de leurs finances personnelles en raison des décisions présidentielles, contre seulement 39 % qui espèrent une amélioration. Seuls 36 % se disent fiers que Donald Trump soit président, alors que 48 % en ont honte.

Sur le front économique, l’inflation continue sa lente ascension. Bien que Donald Trump ait fait pression sur la Fed pour obtenir une baisse des taux d’intérêt, le conseil d’administration a maintenu les taux actuels, doutant qu’une quelconque réduction soit possible cette année en raison du spectre de l’inflation, largement alimentée par la guerre et les tarifs douaniers. La Fed admet d’ailleurs naviguer à vue, n’excluant ni une récession ni une inflation galopante. Concrètement, l’essence à la pompe a augmenté de 90 cents le gallon. Le secteur privé n’a créé aucun emploi, la population active stagne, et la capacité de l’économie américaine à supporter cette guerre suscite de sérieux doutes.

La situation n’est pas plus reluisante au niveau structurel et diplomatique. Les tentatives répétées du président pour pousser l’OTAN à rouvrir le détroit d’Ormuz ont tourné à la dérision, l’Europe répondant d’une seule voix que cette guerre est la sienne, pas la leur. Le « shutdown » gouvernemental provoque des files d’attente désastreuses dans les aéroports américains, tandis que la dette nationale a franchi la barre des 39 000 milliards de dollars cette semaine. NBC News a également rapporté que des sous-traitants avaient reçu pour instruction de rémunérer Corey Lewandowski, le grand arrangeur de Trump et ami proche de l’ancienne secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem. Pour couronner le tout, le président a trouvé le temps d’insulter la Première ministre japonaise. Bref, une semaine difficile. (John Zogby est le fondateur du Zogby Survey et associé principal chez John Zogby Strategies. Son dernier livre, « Beyond the Horse Race: How to Read Polls and Why We Should », vient de paraître. Son podcast avec son fils, l’associé directeur et sondeur Jeremy Zogby, est disponible en ligne. Il est sur X @ZogbyStrategies).

Le regard de Jed Babbin : un A moins face à l’obstruction du Congrès

United States Department of Defense via wikimedia public domain

Pour Jed Babbin, l’évaluation est tout autre : il attribue un A moins. Nous sommes à l’aube de la quatrième semaine de la guerre en Iran et de la cinquième semaine du refus des démocrates de financer le Département de la Sécurité intérieure (DHS). L’OTAN ne soutient pas le conflit mené par Trump, et l’administration demande au Congrès 200 milliards de dollars supplémentaires pour financer l’effort de guerre.

Les prix du pétrole brut Brent (dont les États-Unis n’achètent presque aucun baril) ont grimpé à environ 105 dollars le baril. Le détroit d’Ormuz est fermé par l’Iran, et ce prix va continuer d’augmenter s’il n’est pas rouvert. Si les États-Unis sont fondamentalement indépendants sur le plan énergétique, ce n’est absolument pas le cas de l’Europe et de l’Asie, en particulier de la Chine. Le non-soutien unanime de l’OTAN à la guerre en Iran, qui ferait suite aux demandes de Trump pour que le Danemark cède le Groenland aux États-Unis, a poussé le président à indiquer qu’une séparation avec l’OTAN pourrait être envisagée. Une démarche jugée très imprudente, mais qui reste une possibilité. La rudesse de Trump envers les pays de l’OTAN semble se retourner contre lui, avec une presse étrangère farouchement anti-Trump qui ne fait que refléter le sentiment des gouvernements.

Obtenir ces 200 milliards de dollars auprès du Congrès est loin d’être acquis. Cela se heurte à la haine tenace des démocrates envers le président et aux hésitations de certains républicains frileux, tels que le sénateur Rand Paul (R-KY), qui exige un contrôle parlementaire sur la guerre, indépendamment de ce que stipule la Constitution. Plus les démocrates refuseront de financer le DHS, plus les superviseurs recevront d’appels d’employés se déclarant malades. Ces travailleurs, qu’il s’agisse des agents de sécurité de la TSA dans les aéroports ou des garde-côtes protégeant le littoral contre les terroristes et les trafiquants de drogue, travaillent actuellement sans être payés. Honte aux démocrates de les laisser ainsi sur la touche. (Jed Babbin est contributeur pour le Washington Examiner et ancien sous-secrétaire adjoint à la défense sous l’administration du président George H.W. Bush. Il est sur X @jedbabbin).

Numismatique présidentielle et bouleversement des codes télévisuels

Sur un autre front, la Commission des Beaux-Arts de Trump a validé une pièce commémorative pour le 250ème anniversaire des États-Unis. Les membres de ce panel, choisis avec soin, savent comment satisfaire leur protecteur : la pièce arborera le visage du président. James McCrery, le vice-président de la commission nommé par le président, a déclaré juste avant l’approbation du design : « Je propose d’approuver ceci tel que présenté, et avec le fort encouragement que vous le fassiez aussi grand que possible, jusqu’à trois pouces de diamètre, ».

Du côté des médias, les spectateurs de l’émission AC360 d’Anderson Cooper sur CNN ont pu remarquer un tout nouveau dispositif visuel hier. Exit les minuscules micros-cravates, place à d’immenses microphones de table dignes d’un studio radio. Le présentateur et ses invités ne sont plus dispersés autour du bureau, mais regroupés de manière très resserrée. Les observateurs des médias ont rapidement noté que cette mise en scène imitait les plateaux de podcasts. À une époque où des figures comme Joe Rogan attirent des audiences supérieures à celles de nombreux journaux télévisés classiques, tout le monde semble vouloir adopter l’allure d’un podcasteur.

Ben Smith, rédacteur en chef de Semafor, a résumé la situation ainsi : « Les micros géants transmettent désormais plus d’autorité que les décors fantaisistes, ». L’animatrice de podcast Emily Jashinsky a quant à elle souligné qu’Anderson Cooper et l’un de ses invités ne portaient pas de veste et que le port de la cravate semblait devenu optionnel. « Les gens ont commencé à faire défiler les extraits qui ressemblent à la télévision par câble parce qu’ils ne s’attendent pas à leur faire autant confiance, » a-t-elle analysé, ajoutant que « Les micros sont censés signaler quelque chose de différent et de nouveau, mais cela ne peut pas être seulement esthétique s’ils veulent que cela fonctionne. »

Lectures suggérées : ondes de choc à Lyon et perspectives sur Téhéran

Pour accompagner le déjeuner, l’actualité nous emmène d’abord en France, où un homicide vient bouleverser le paysage politique local. Les faits sont relatés ainsi : « Dans la soirée du 12 février, des membres d’un groupe antifasciste français auraient roué de coups un militant néo-nazi de 23 ans nommé Quentin Deranque. L’attaque, filmée à Lyon, a laissé Deranque inconscient ; deux jours plus tard, il est décédé d’un grave traumatisme crânien. » Cet événement tragique soulève une interrogation majeure : propulsera-t-il l’extrême droite au pouvoir ?

Enfin, le regard se tourne à nouveau vers le conflit en Iran, qui, selon l’analyse de notre expert Tom Rogan, s’étirera encore sur quelques semaines au minimum. Il estime qu’il est impératif d’aller plus loin dans la destruction des forces armées et des ambitions nucléaires de Téhéran. Dans le cas contraire, toute réémergence des menaces majeures posées par l’Iran ne sera que très légèrement retardée à la suite d’un éventuel accord de paix.

Selon la source : conservativenewsdaily.net

Créé par des humains, assisté par IA.

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