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Des ouvriers construisaient une éolienne et ont découvert un trésor de bijoux de l’âge du bronze
Crédit: lanature.ca (image IA)

L’inattendue résurgence du passé sous un champ d’éoliennes

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En Allemagne, le lancement de la construction d’un vaste parc éolien a pris une tournure imprévue dès les premiers instants des travaux. Le projet, qui s’étend sur une superficie de 23 acres et prévoit l’installation de 19 turbines, a dû être immédiatement suspendu. Dès le premier coup de godet de la pelleteuse de l’entrepreneur, la terre retournée a révélé des fragments de bronze et d’ambre aux ouvriers stupéfaits.

Cette découverte fortuite a contraint les professionnels à revenir précipitamment sur le site qu’ils venaient tout juste de quitter. Les archéologues avaient en effet achevé d’inspecter et de dégager la zone pour permettre l’avancée du chantier, passant à côté de ce qui allait s’avérer être un vestige exceptionnel. La trouvaille n’est constituée de rien de moins que le plus grand trésor d’ambre de l’âge du bronze jamais découvert dans l’État de Basse-Saxe.

Une parure exceptionnelle destinée à une élite féminine

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C’est très exactement lors de cette incursion initiale de la pelleteuse dans les contreforts du Harz, près des communes d’Ahlum et de Dettum, que la trouvaille la plus impressionnante a émergé de la terre. Le butin mis au jour se compose de pièces de bijouterie sophistiquées, comprenant des colliers décorés, des spirales de bras et des épingles en bronze. Une pièce maîtresse retient toutefois toutes les attentions : un collier remarquablement élaboré et constitué de 156 perles d’ambre.

Ces joyaux ont été datés d’une période comprise entre 1500 et 1300 avant notre ère. Une déclaration traduite de l’Office de préservation du patrimoine de Basse-Saxe précise qu’il s’agit de la première découverte de cette époque dans la région depuis 1967. Les experts de cet organisme estiment que ces bijoux appartenaient à au moins trois femmes de haut rang différentes. L’enfouissement simultané de ces parures distinctes suggère qu’elles auraient pu être déposées ensemble dans le cadre d’une offrande religieuse antique.

De l’extraction minutieuse aux confins de la Route de l’Ambre

La récupération des artéfacts a exigé une logistique de haute précision. Après avoir retiré à la main les premiers fragments de bronze et d’ambre coincés dans le godet de la pelleteuse, l’équipe scientifique a procédé à une extraction en bloc. Le reste du trésor de bijoux a été soulevé hors de terre d’un seul tenant, en conservant le sol intact autour des pièces restantes. L’ensemble a ensuite été transporté dans un laboratoire pour subir des analyses approfondies. Les experts décrivent ce moment comme « très probablement l’assemblage de découvertes le plus significatif de toute l’excavation. »

Bien que les anneaux de cou, les spirales de bras, les plaques de bronze décoratives et les deux broches à disque soient d’une grande sophistication, la fascination de l’équipe se concentre sur le fameux collier aux 156 perles. À l’âge du bronze, l’ambre était une marchandise de luxe échangée au sein des élites, voyageant de la Scandinavie jusqu’à la Méditerranée, et au-delà. Souvent récoltée sur les côtes de la mer Baltique, cette matière importée était réservée aux membres les plus éminents d’une communauté en raison du coût extrême nécessaire pour l’acquérir. L’un des réseaux commerciaux les plus vastes de l’époque est d’ailleurs désigné sous le nom de Route de l’Ambre par les archéologues modernes.

Un panorama archéologique couvrant six millénaires

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Bien avant que le projet d’énergie éolienne ne démarre, l’Office public de préservation du patrimoine de Basse-Saxe avait pris soin de commanditer une étude archéologique de la zone. Cette campagne préalable a permis d’identifier une immense variété de vestiges datant du Néolithique jusqu’à l’Antiquité tardive, soit une période s’étalant d’environ 5000 avant notre ère à 400 de notre ère. Les fouilles ont livré des éléments couvrant un spectre historique très large, allant de campements préhistoriques jusqu’à une surprenante fosse contenant des chiens enterrés.

Sur l’ensemble de la zone de fouille, les chercheurs ont mis au jour un total très exact de 412 artéfacts. Parmi les découvertes structurales les plus anciennes figurent deux fondations de maisons particulièrement bien conservées. Celles-ci sont formellement attribuées à la culture de la céramique rubanée, datant du sixième millénaire avant notre ère, qui n’est autre que la toute première culture agricole à s’être établie dans cette région germanique.

Vestiges funéraires antiques et futures analyses de pointe

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À l’autre extrémité de la longue chronologie du site, les chercheurs ont minutieusement exploré de multiples fosses datant de l’Antiquité. Ces cavités renfermaient une multitude de restes matériels, incluant notamment de la poterie tournée au tour fabriquée dans le style romain ainsi que divers objets en métal. L’excavation a également permis de révéler un peigne à trois couches daté du quatrième ou du cinquième siècle de notre ère. L’objet présente la particularité d’être orné de motifs circulaires et d’être solidement muni de rivets en bronze.

Ces peignes richement décorés constituaient des effets personnels intimement liés à la vie de leur propriétaire, fréquemment intégrés aux offrandes funéraires lors du décès. En raison de la pratique courante de la crémation à cette période de l’histoire, ces objets de toilette ne survivent généralement dans les archives archéologiques modernes que sous la forme de minuscules fragments brûlés. La découverte de spécimens complets en Basse-Saxe constitue donc un fait d’une rareté notable. Les équipes scientifiques poursuivent aujourd’hui leur travail de préservation en laboratoire. « La recherche et la conservation de ces objets hautement délicats commencent tout juste, » ont écrit les experts, tout en soulignant qu’ « une série d’analyses de matériaux avancées sont prévues. »

Selon la source : popularmechanics.com

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