Aller au contenu
Accord UE-USA : l’ultimatum de Donald Trump qui met l’Europe sous haute pression
Crédit: The White House, Wikimedia Commons (Public domain)

Un couperet fixé au 4 juillet

credit : lanature.ca (image IA)

Le calendrier diplomatique vient de s’accélérer brutalement. Donald Trump a fixé une date butoir à l’Union européenne : elle aura jusqu’au 4 juillet, jour de la fête de l’Indépendance américaine, pour appliquer intégralement l’accord commercial conclu avec les États-Unis. Passé ce délai, la menace est claire et directe : des « droits de douane beaucoup plus élevés » s’abattront sur les produits européens.

Cet avertissement a été formulé à l’issue d’un entretien téléphonique entre le locataire de la Maison-Blanche et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Le président américain n’a pas manqué de souligner la portée symbolique de la date choisie. « J’ai accepté de lui donner jusqu’au 250e anniversaire de notre pays ou, malheureusement, leurs droits de douane passeraient immédiatement à des niveaux beaucoup plus élevés », a-t-il précisé.

L’accord de Turnberry au cœur des tensions

President Donald Trump participates in a pull-aside meeting with Ursula von der Leyen, President of the European Commission, at the United Nations Headquarters (54822741757).jpg
credit : The White House, Wikimedia Commons (Public domain)

Cette nouvelle passe d’armes s’inscrit dans un contexte de relations déjà tendues entre les deux blocs. Elle repousse néanmoins une autre menace, plus imminente, formulée par Donald Trump vendredi dernier. Il était alors question d’augmenter les droits de douane sur les voitures fabriquées dans l’UE de 15 % à 25 % dans le courant de la semaine. Un sursis, mais pas une annulation.

Le président américain a rappelé les Européens à leurs engagements sur les réseaux sociaux. « J’attends patiemment que l’UE remplisse sa part de l’accord commercial historique que nous avons conclu à Turnberry, en Écosse, l’accord commercial le plus important de tous les temps ! Nous avons promis que l’UE respecterait sa part de l’accord et, comme convenu, réduirait ses droits de douane à zéro », a-t-il écrit. Cet accord, conclu l’été dernier, prévoyait en effet une réduction des tarifs douaniers européens sur les produits américains, en échange de quoi Washington acceptait un droit de douane global plafonné à 15 % sur la plupart des produits de l’UE.

À Bruxelles, les négociations patinent

credit : lanature.ca (image IA)

Côté européen, la mise en œuvre de cet accord n’est pas si simple. Le Parlement européen et les États membres négocient actuellement la législation qui doit permettre la suppression effective des droits de douane. Les discussions sont complexes. Un cycle de négociations a d’ailleurs échoué mercredi soir, même si les législateurs ont salué des progrès, espérant une résolution pour le 19 mai.

Le principal point d’achoppement ? La méfiance envers le partenaire américain. Des législateurs exigent que le texte final inclue des garanties, des garde-fous pour protéger l’Union au cas où Donald Trump ne respecterait pas ses propres engagements ou menacerait l’intégrité territoriale d’un État membre. L’exemple de sa menace de saisir par la force le Groenland au Danemark plus tôt cette année est encore dans tous les esprits.

Le dilemme européen : céder ou résister ?

credit : lanature.ca (image IA)

Cette demande de garanties ne fait pas l’unanimité. Les États membres, de leur côté, semblent préférer s’en tenir à la formulation initiale de l’accord, sans ajout de garde-fous, afin de le mettre en œuvre le plus rapidement possible et d’apaiser Washington. La stratégie de la corde raide de Donald Trump ne fait que conforter les détracteurs de l’accord, qui prédisent que le président américain finira par revenir sur sa parole pour exiger toujours plus de concessions de la part des Européens.

Cette crainte est alimentée par les critiques récurrentes de la Maison-Blanche. L’administration américaine a attaqué à plusieurs reprises les réglementations de l’Union européenne, notamment dans les domaines du numérique et de l’environnement, appelant ouvertement à leur abolition.

Un apaisement fragile et des discussions annexes

credit : lanature.ca (image IA)

Face à la pression, Ursula von der Leyen a tenu à rappeler les règles du jeu. En déplacement en Arménie en début de semaine, elle déclarait : « Un accord est un accord, et nous avons un accord. L’essence de cet accord est la prospérité, des règles communes et la fiabilité ». Elle a également souligné que le plafonnement des droits de douane à 15 % empêchait, en théorie, les États-Unis de les augmenter unilatéralement. « Nous voulons que ce travail aboutisse à un gain mutuel, à la coopération et à la fiabilité. Et nous sommes prêts à faire face à tous les scénarios », a-t-elle ajouté, laissant entrevoir la possibilité de représailles.

Malgré tout, l’appel téléphonique de jeudi, qualifié de « formidable » par Donald Trump, semble avoir calmé le jeu, du moins pour l’instant. Les deux dirigeants ont profité de l’échange pour aborder d’autres sujets brûlants, comme la situation au Moyen-Orient. « Nous avons discuté de nombreux sujets, notamment du fait que nous sommes totalement d’accord sur le fait que l’Iran ne pourra jamais avoir d’arme nucléaire », a rapporté le président américain. Il a conclu : « Nous avons convenu qu’un régime qui tue son propre peuple ne peut pas contrôler une bombe qui peut tuer des millions de personnes ».

Selon la source : fr.euronews.com

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu