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Stratégie IA du Canada : ce que cache le plan dévoilé par Ottawa
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une feuille de route longtemps attendue

credit : Side-by-side fusion: « Prime Minister Carney’s message on International Women’s Day 0-29 screenshot (cropped).png » by Prime Minister of Canada licensed under CC BY 4.0 via Wikimedia Commons + « Evan Soloman at « ALL IN » 2025 01.jpg » by Gabriel Hutchinson licensed under CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

Une version préliminaire de la Stratégie nationale sur l’intelligence artificielle, récemment obtenue par le réseau CBC News, met en lumière les ambitions d’Ottawa face à une révolution technologique mondiale. Ce document de travail, intitulé « L’IA pour tous », détaille un plan d’action visant à accélérer l’adoption de cette technologie à travers le pays. L’une des promesses centrales repose sur la volonté d’offrir une formation gratuite à l’ensemble des citoyens canadiens pour qu’ils puissent s’approprier ces nouveaux outils.

Le premier ministre Mark Carney a confirmé mercredi dernier que cette stratégie, qui a subi plusieurs mois de retard, a été soumise au Conseil des ministres et fera l’objet d’une publication officielle cette semaine. Le texte reste toutefois nébuleux quant aux mécanismes précis que le gouvernement fédéral déploiera pour prémunir la population contre les dérives potentielles de l’intelligence artificielle. Les cabinets de Mark Carney et du ministre responsable du dossier, Evan Solomon, ont d’ailleurs décliné toute demande de commentaire à ce sujet.

Des sources proches du dossier ont néanmoins pu confirmer que l’ossature du projet repose sur six piliers fondamentaux. Ces axes incluent la protection des citoyens, l’adoption par le secteur commercial, la construction d’une intelligence artificielle souveraine, la création d’un réseau d’ambassadeurs, ainsi que le renforcement des alliances à l’échelle mondiale. Sur ce sujet des dynamiques de pouvoir technologique, il convient de noter des analyses complémentaires comme Infonuagique et IA : comment se protéger d’un nouvel oligopole?

L’enjeu de l’adoption par les entreprises

credit : lanature.ca (image IA)

Le Canada accuse actuellement un décalage prononcé sur la scène internationale. Le document préliminaire s’appuie sur une étude menée par la firme KPMG, laquelle relègue le pays parmi les derniers en ce qui concerne le niveau de connaissances et le degré de confiance accordé à l’intelligence artificielle. Pour inverser cette tendance, les instances fédérales ont établi des cibles chiffrées particulièrement ambitieuses à l’horizon 2031.

Le premier objectif de cette liste de redressement concerne directement le secteur privé. Ottawa ambitionne de stimuler l’intégration de ces technologies au sein des modèles d’affaires locaux. Alors que le taux d’adoption par les entreprises stagne aujourd’hui à 12 %, le gouvernement projette de franchir la barre des 50 % d’ici l’année 2030, imposant ainsi un rythme de transformation accéléré à l’industrie.

La création massive d’emplois ciblés

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Le deuxième grand objectif chiffré s’attaque au marché du travail, anticipant les bouleversements majeurs que l’automatisation et les algorithmes génératifs vont provoquer. Le gouvernement compte transformer ce défi en une opportunité de développement économique majeur à travers le pays.

La stratégie prévoit la création d’un maximum de 90 000 postes spécifiquement réservés aux jeunes professionnels. En parallèle, ce sont 250 000 nouveaux emplois qui devront être soutenus à travers l’ensemble des secteurs de l’économie canadienne, redessinant ainsi le paysage professionnel national pour la prochaine décennie.

L’éducation au cœur de la transition

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Le troisième volet des objectifs fixés pour 2031 se concentre sur la transmission des savoirs et la préparation des futures générations. La maîtrise des outils algorithmiques devient une priorité absolue dans le parcours académique, exigeant une refonte des approches pédagogiques.

L’État souhaite toucher un million d’étudiants au niveau postsecondaire. Le plan inclut la formation spécialisée de 3000 enseignants pour les outiller face à cette réalité numérique. Une vaste initiative nationale de sensibilisation sera déployée, s’appuyant sur le réseau des bibliothèques et l’implication de divers organismes communautaires pour atteindre les citoyens dans leur quotidien.

La sécurité et l’encadrement des utilisateurs

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Face aux inquiétudes grandissantes du public, Ottawa affiche sa volonté d’instaurer une « gouvernance responsable ». Cet engagement se traduira par une modernisation des lois encadrant la sécurité en ligne et la protection des renseignements personnels des consommateurs. Une attention particulière sera portée à la protection des enfants, considérés comme la démographie la plus vulnérable face à ces nouveaux outils.

L’administration de Mark Carney étudie « très sérieusement » l’imposition de restrictions d’âge pour réguler l’accès aux robots conversationnels ainsi qu’aux médias sociaux. Le plan prévoit l’intégration d’un filigrane obligatoire sur les contenus générés par l’intelligence artificielle, bien que les méthodes pour contraindre les entreprises à respecter cette règle demeurent floues à ce stade.

Pour solidifier cette architecture sécuritaire, des investissements massifs seront dirigés vers l’Institut canadien de la sécurité de l’IA. Parallèlement, une enveloppe de 25 millions de dollars, répartie sur une période de six ans, sera allouée à Statistique Canada afin que l’agence puisse évaluer de manière continue les impacts sociétaux et économiques de cette technologie.

Le financement stratégique des PME canadiennes

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Le document fédéral met en évidence une vulnérabilité économique majeure : les petites et moyennes entreprises canadiennes développent actuellement leurs modèles algorithmiques en s’appuyant sur des plateformes infonuagiques étrangères. Cette dynamique provoque une fuite des capitaux, l’exportation de données sensibles et la perte de propriété intellectuelle hors des frontières du pays. Pour pallier l’absence d’infrastructures locales abordables, Ottawa prévoit d’injecter des centaines de millions de dollars supplémentaires dans le Fonds d’accès à une capacité de calcul pour l’IA, dont l’enveloppe actuelle s’élève à 300 millions de dollars.

Le soutien financier prendra diverses formes pour structurer le marché interne. Le gouvernement annonce la création d’un fonds de croissance technologique conçu pour prendre des participations directes dans les entreprises considérées comme étant à la pointe de l’innovation. Le nouveau fonds souverain sera mobilisé pour appuyer l’émergence de « champions nationaux ». L’État entend lui-même se positionner comme un « client stratégique » en s’appuyant sur les leviers de sa politique « Acheter canadien ».

Des initiatives nommées « missions d’IA » bénéficieront d’un financement dédié. Ces missions auront pour but de promouvoir des projets spécifiques, jugés à fort impact, capables de générer des retombées positives substantielles pour l’ensemble de la population et d’améliorer concrètement la qualité de vie des Canadiens.

La quête d’une souveraineté technologique durable

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L’administration Carney place l’indépendance numérique au centre de sa vision, insistant sur l’urgence de bâtir une IA véritablement souveraine. Le projet phare de cette ambition réside dans la construction d’un supercalculateur public de calibre mondial, couplé à un soutien logistique pour le déploiement de centres de données capables de fournir au moins 100 mégawatts d’énergie. Sur la scène internationale, le Canada compte étendre la portée de son Alliance pour la souveraineté technologique, une initiative inaugurée en février dernier en partenariat avec l’Allemagne.

Les données générées par les citoyens sont désormais classifiées comme un « atout national stratégique ». Conséquemment, les autorités planifient la mise sur pied d’une plateforme nationale de données hautement sécurisée, accompagnée d’un espace exclusivement dédié au traitement des données de santé. Cette infrastructure centralisée vise à garantir le contrôle national sur les informations critiques.

La rétention de la main-d’œuvre ultra-qualifiée constitue le dernier pilier de ce déploiement. Ottawa investira pour faire croître le réseau de chercheurs affiliés au programme de chaires en IA de l’Institut canadien de recherches avancées (CIFAR), faisant passer leurs effectifs de 130 à près de 200 spécialistes. Les procédures d’immigration seront assouplies via le Volet des talents mondiaux, permettant d’accélérer la délivrance de permis de travail et de faciliter l’accès à la résidence permanente pour les travailleurs étrangers possédant une expertise pointue dans le domaine.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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