Aller au contenu
Des ossements de la grotte de Wonderwerk suggèrent l’usage du feu par des ancêtres humains il y a 1,79 million d’années
Crédit: lanature.ca (image IA)

L’aube d’une révolution humaine réévaluée

credit : lanature.ca (image IA)

La maîtrise du feu représente une étape fondamentale dans l’évolution de l’humanité. Selon les archéologues, cette avancée majeure a offert à nos ancêtres la possibilité de se réchauffer face aux rudesses du climat, de repousser les prédateurs nocturnes et, à terme, d’initier la cuisson des aliments pour améliorer leur alimentation.

Cependant, la détermination précise du moment où ce bouleversement technologique s’est produit fait l’objet de vifs débats au sein de la communauté scientifique. La quête de preuves irréfutables s’avère en effet particulièrement complexe sur des périodes géologiques aussi reculées, les traces claires de foyers se dissipant souvent avec le temps.

Aujourd’hui, de nouvelles recherches menées dans une cavité d’Afrique du Sud viennent modifier la chronologie établie. Comme le rapporte une étude publiée dans la revue PLOS One, l’histoire de notre relation avec les flammes reculerait en réalité de plusieurs centaines de milliers d’années.

La grotte de Wonderwerk, un véritable sanctuaire archéologique

credit : PLOS One (2026). DOI: 10.1371/journal.pone.0347480

Ces récentes découvertes ont été réalisées au cœur de la grotte de Wonderwerk, un site archéologique sud-africain qui a déjà livré de nombreux secrets liés à nos origines au cours des dernières années. Les chercheurs y avaient notamment établi que les premiers humains utilisaient déjà le feu en ce lieu il y a environ un million d’années.

Cette première datation s’appuyait sur la mise au jour d’ossements calcinés, de sédiments spécifiques et d’outils en pierre altérés par la chaleur. L’ensemble de ces précieux vestiges matériels avait été minutieusement excavé dans une couche géologique supérieure de la cavité, identifiée par les spécialistes sous le nom de Strate 10.

Dans le cadre de cette nouvelle investigation, les archéologues ont décidé de s’aventurer encore plus profondément dans les entrailles de la grotte, jusqu’à atteindre une couche stratigraphique plus ancienne baptisée Strate 11. C’est précisément à ce niveau qu’ils ont mis au jour les restes de petits mammifères présentant des marques visuelles de combustion, ce qui pourrait constituer la plus ancienne preuve d’utilisation du feu documentée à ce jour.

La technique innovante de la luminescence osseuse

credit : lanature.ca (image IA)

Afin de confirmer de manière irréfutable que ces minuscules ossements de mammifères avaient bel et bien été exposés à d’intenses chaleurs, les scientifiques ont eu recours à une méthode d’analyse novatrice pour ce type de recherche, connue sous le nom de luminescence osseuse.

Placés sous l’objectif puissant d’un microscope de laboratoire, ces fossiles de couleur grise et blanche ont été exposés à une lumière bleue à haute énergie. Lorsqu’ils sont observés minutieusement à travers un filtre spécifique, les ossements qui ont effectivement été brûlés se mettent à briller d’une lueur rouge vif intense, attestant chimiquement de leur passage au feu.

Par ailleurs, l’hypothèse d’un incendie d’origine purement naturelle a pu être totalement écartée par les experts en paléontologie. Les ossements étudiés ont en effet été découverts à une distance de 30 mètres de l’entrée de la grotte, une profondeur bien trop importante pour que ces vestiges aient pu être léchés par les flammes d’un éventuel feu de brousse extérieur.

Une datation de haute précision repoussant les limites temporelles

credit : lanature.ca (image IA)

Pour estimer avec la plus grande précision la période à laquelle ces foyers préhistoriques ont pu se consumer, l’équipe scientifique a procédé à la datation des sédiments de la grotte en combinant deux techniques géologiques de pointe : la magnétostratigraphie et la datation par enfouissement cosmogénique.

Le croisement rigoureux des résultats obtenus par ces deux méthodes de mesure indépendantes a permis d’établir une fourchette temporelle comprise entre 1,07 et 1,79 million d’années. Cette période très ancienne correspond aux dépôts acheuléens datant du Pléistocène inférieur.

« En utilisant ces méthodes, nous fournissons des preuves de l’utilisation du feu dans deux dépôts du Pléistocène inférieur (Acheuléen) à la grotte de Wonderwerk (Afrique du Sud), prolongeant la chronologie de l’un des premiers registres mondiaux de paléo-feu », commentent les auteurs de l’étude dans leur publication officielle, soulignant ainsi l’ampleur de leur découverte.

Gestion contrôlée du feu et implications pour nos ancêtres

credit : lanature.ca (image IA)

Bien que cette avancée archéologique soit d’une importance capitale pour approfondir notre compréhension du passé de l’humanité, l’équipe de recherche souligne qu’elle ne démontre pas l’existence de technologies permettant d’allumer un feu de manière autonome, ni la pratique systématique d’une cuisson routinière des aliments.

Les données récoltées dans la Strate 11 suggèrent plutôt un comportement de collecte et d’entretien. Les premiers humains auraient pu transporter de manière répétée des braises ou un foyer actif depuis l’extérieur vers cette partie reculée de la grotte de Wonderwerk, afin de gérer ce feu de façon intentionnelle.

Cette hypothèse est soutenue par la répartition physique des trouvailles sur le site. « Les os fossiles brûlés de petits mammifères récupérés dans les dépôts acheuléens anciens des strates 10 et 11 de la grotte de Wonderwerk fournissent des preuves solides d’événements de combustion répétés et spatialement structurés au plus profond de la grotte », concluent les chercheurs avec certitude.

Selon la source : phys.org

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu