Donald Trump défend la publication d’une image controversée rapidement supprimée
Auteur: Simon Kabbaj
Une image divine qui suscite la polémique

@realDonaldTrump | Truth Social | Reuters
Une publication sur les réseaux sociaux a placé Donald Trump au cœur d’une controverse inattendue. L’ancien président américain a partagé une image, générée par intelligence artificielle, le dépeignant sous les traits de Jésus-Christ. La photo, publiée sur sa plateforme Truth Social, a rapidement provoqué une vague de réactions, notamment au sein de la communauté chrétienne, le poussant à la retirer.
Ce n’est pas la première fois que Donald Trump s’attire les foudres de personnalités religieuses. Cet incident est survenu peu de temps après qu’il ait publiquement critiqué le Pape Léon. Face au tollé, l’homme d’affaires a fourni une explication pour le moins singulière concernant le partage de cette image perçue comme blasphématoire.
Une mise en scène messianique et des réactions indignées

L’image en question, partagée le dimanche 12 avril au soir, mettait en scène une version de Donald Trump, âgé de 79 ans selon la source, dans un décor quasi-biblique. Vêtu d’un châle blanc et rouge, le personnage avait les mains rayonnantes d’une lumière divine, en train de guérir un patient alité dans une chambre d’hôpital. En arrière-plan, des symboles américains forts : le drapeau des États-Unis, la Statue de la Liberté et des aigles. Un soldat et une infirmière complétaient le tableau, semblant regarder la scène avec admiration.
Face à la controverse grandissante, la publication a été supprimée le lundi matin. Les critiques n’ont pas tardé à fuser. Marjorie Taylor Greene, une membre du Congrès républicain et ancienne alliée de Trump, a qualifié la photo de « plus que du blasphème », y voyant « un esprit de l’Antéchrist ». De son côté, Matteo Renzi, ancien Premier ministre italien et catholique pratiquant, a jugé l’image « folle » et « blasphématoire ».
L’explication de Trump : une simple méprise ?

Interrogé par des journalistes alors qu’il réceptionnait une livraison de McDonald’s devant le Bureau Ovale, Donald Trump a livré sa version des faits. Selon lui, il n’avait pas interprété l’image comme une représentation du « Fils de Dieu », mais plutôt comme celle de lui-même en médecin. « Ce n’était pas une représentation. Je l’ai postée et je pensais que c’était moi en tant que médecin », a-t-il déclaré.
Il a ensuite précisé sa pensée : « Et ça avait à voir avec la Croix-Rouge, comme un travailleur de la Croix-Rouge, que nous soutenons, et seuls les ‘fake news’ pouvaient inventer ça ». L’ancien président a ajouté : « C’est censé être moi en tant que médecin qui améliore la santé des gens, et j’améliore la santé des gens ». Concernant le retrait de l’image, il a expliqué à CBS News : « Normalement, je n’aime pas faire ça, mais je ne voulais pas que quiconque soit confus. Les gens étaient confus ».
Un autre front ouvert avec le Pape Léon

Cette polémique s’inscrit dans un contexte déjà tendu entre Donald Trump et certaines figures religieuses. Peu de temps auparavant, il s’en était pris aux critiques du Pape Léon concernant le bombardement de l’Iran, sans toutefois nommer directement le chef républicain. Sur Truth Social, Trump avait écrit ce week-end : « Le Pape Léon est faible sur la criminalité, et terrible pour la politique étrangère ». Il avait également ajouté : « Je ne veux pas d’un Pape qui pense que c’est bien que l’Iran ait l’arme nucléaire ».
La réponse du souverain pontife ne s’était pas fait attendre. Il a déclaré n’avoir « aucune crainte de l’administration Trump, ni de proclamer haut et fort le message de l’Évangile, ce pour quoi je crois être ici, ce pour quoi l’Église est ici ». Le Pape a ensuite ajouté : « Je ne veux pas entrer dans un débat avec [Trump] ». Il a justifié sa position par l’urgence humanitaire : « Trop de gens souffrent dans le monde aujourd’hui. Trop d’innocents sont tués. Et je pense que quelqu’un doit se lever et dire : il y a une meilleure façon de faire les choses ».
Un appel à l’apaisement et au dialogue

@realDonaldTrump | Truth Social | Reuters
La prise de position de Donald Trump a également fait réagir au sein de sa propre administration. L’évêque Robert Barron, qui siège à la Commission sur la liberté religieuse de l’administration Trump, s’est exprimé sur X. « Je pense que le Président doit des excuses au Pape », a-t-il écrit. Il a estimé que de telles déclarations « ne contribuent en rien à une conversation constructive. C’est la prérogative du Pape d’articuler la doctrine catholique et les principes qui régissent la vie morale ».
L’évêque a nuancé en précisant : « En ce qui concerne l’application concrète de ces principes, des personnes de bonne volonté peuvent être et sont en désaccord ». Il a conclu par une proposition concrète : « Je recommanderais chaleureusement que les catholiques sérieux au sein de l’administration Trump – le secrétaire Rubio, le vice-président Vance, l’ambassadeur Brian Burch, et d’autres – puissent rencontrer des responsables du Vatican afin qu’un véritable dialogue puisse avoir lieu. C’est de loin préférable aux déclarations sur les réseaux sociaux ».
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