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Deux hommes volent un cylindre bleu lumineux dans un hôpital abandonné et déclenchent un cauchemar nucléaire
Crédit: lanature.ca (image IA)

L’aube de la médecine nucléaire et ses risques inhérents

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Dans un article rédigé par le journaliste Darren Orf et publié le 15 avril 2026 à 8h30 (heure avancée de l’Est), l’histoire tragique d’une négligence médicale refait surface. L’humanité n’a pas encore franchi le cap d’un siècle complet depuis la première fission de l’atome. Pourtant, dans ce laps de temps relativement court, la science nucléaire a donné naissance à des armes d’une destruction sans précédent, tout en permettant la création d’une série d’appareils capables de sauver des vies.

Parmi ces dispositifs médicaux novateurs figurait l’appareil de téléthérapie au césium-137. Cette machine utilise une source nucléaire, principalement extraite de matières fissiles, dans le but précis de produire des rayons gamma. Ces rayonnements sont ensuite dirigés pour cibler et traiter les tumeurs situées à faible profondeur dans le corps humain. La technologie représentait alors une avancée majeure pour l’oncologie.

Toutefois, la maîtrise de l’atome exige une rigueur implacable. Comme les habitants de la ville de Goiânia, au Brésil, l’ont tragiquement appris durant les derniers mois de l’année 1987, même les équipements spécifiquement conçus pour arracher les patients aux ravages du cancer peuvent déclencher un véritable enfer de maladies et de décès. Ce basculement se produit lorsque ces machines ne sont pas manipulées avec une prudence extrême.

Un déménagement clinique aux conséquences fatales

credit : lanature.ca (image IA)

L’accident de Goiânia, tel qu’il est documenté aujourd’hui, trouve en réalité ses origines deux ans avant la crise sanitaire. En 1985, une clinique privée de radiothérapie, connue sous le nom d’Instituto Goiano de Radioterapia (IGR), a entrepris de déménager vers de nouveaux locaux au sein même de la ville de Goiânia. Cette relocalisation allait marquer le début d’un enchaînement d’erreurs fatidiques.

Lors de ce transfert, l’institut a logiquement emporté son unité de téléthérapie au cobalt-60. Cet équipement constituait une technologie supérieure en raison du débit de dose plus élevé de cet isotope spécifique. En revanche, l’IGR a abandonné sur place son unité vieillissante au césium-137. Cet abandon direct constituait une violation flagrante de la licence d’exploitation de l’institut, comme l’a souligné un rapport ultérieur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Par la suite, l’ancien site de l’hôpital a été partiellement démoli, laissant la source dangereuse et radioactive à l’intérieur de la machine totalement sans surveillance ni sécurité. Bien que la Commission nationale de l’énergie nucléaire du Brésil ait eu connaissance de la présence de cette source de césium-137 dans le bâtiment en ruine, des litiges juridiques ont empêché le retrait sécurisé de l’unité. Ce simple retard administratif a fini par avoir des conséquences mortelles.

Le vol tragique du 13 septembre 1987

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Le 13 septembre 1987, deux hommes, Roberto dos Santos Alves et Wagner Mota Pereira, ont pénétré illégalement sur l’ancien site de l’IGR. Au milieu des décombres, ils ont découvert l’unité de téléthérapie. Ignorant totalement la nature exacte de leur trouvaille, ils ont pris la décision de la démonter partiellement.

Leur objectif était purement financier. Ils ont placé l’assemblage de la source, hautement radioactive, dans une brouette avec l’espoir de le revendre comme ferraille. Au cours de cette expédition catastrophique, la capsule qui renfermait le sel de chlorure de césium hautement radioactif s’est rompue. Cette brèche a immédiatement contaminé l’environnement immédiat et a exposé de manière directe les deux voleurs de métaux.

Après plusieurs jours de manipulation et de bricolage, Alves est finalement parvenu à extraire la capsule de la source radioactive. Il l’a ensuite vendue à un ferrailleur nommé Devair Alves Ferreira. Plus tard dans la soirée, Ferreira a remarqué que l’objet émettait une lueur bleue. Ce phénomène lumineux s’expliquait très probablement par l’ionisation de l’air environnant sous l’effet des rayons gamma. Dès lors, la situation allait empirer de façon spectaculaire.

Une poudre mortelle et l’alerte salvatrice

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Fasciné par sa découverte, Ferreira a ramené ce curieux objet chez lui pour le montrer à sa famille et à ses amis. L’un des amis de Ferreira a même réussi à libérer une partie du sel de chlorure de césium-137, libérant des fragments de la taille d’un grain de riz hors de leur conteneur. La dispersion de la matière était désormais enclenchée au cœur même du cercle privé du ferrailleur.

Peu de temps après cette exposition, les proches de Ferreira ont commencé à tomber malades les uns après les autres. Parmi eux figurait son épouse, Maria Gabriela Ferreira. Face à l’aggravation inexpliquée de leur état de santé, elle a fini par nourrir de sérieux soupçons à l’égard des matériaux ramassés par son mari.

Dans un geste décisif, Maria a pris l’initiative de transporter ces fragments, en empruntant un bus, jusqu’à un hôpital voisin afin de les faire examiner. Une fois le césium-137 placé entre les mains de professionnels, la reconnaissance immédiate de l’immense radioactivité du matériau a déclenché une réaction en chaîne sans précédent. Des agences locales, étatiques, nationales et même internationales, à l’image de l’AIEA, ont été mobilisées en urgence.

Le lourd bilan humain et les leçons de la catastrophe

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L’opération de nettoyage a nécessité des efforts colossaux. Toutes les sources contaminées ont finalement été rassemblées le 3 octobre. Les différents sites touchés par la contamination ont été décontaminés pour la période de Noël, et les travaux d’assainissement se sont poursuivis avec acharnement jusqu’à ce que des conditions de vie normales soient rétablies en mars 1988.

Sur le plan judiciaire et réglementaire, l’affaire a laissé de profondes traces. Trois médecins de l’IGR ont finalement été inculpés pour négligence criminelle. En parallèle, la Commission brésilienne de l’énergie nucléaire, en s’appuyant sur le rapport de l’AIEA, a élaboré de nouvelles méthodes beaucoup plus strictes pour l’élimination des matières radioactives.

Le coût humain de cet accident reste tragique. Si Maria a très probablement sauvé un nombre incalculable de vies par sa décision d’alerter les autorités sur la radioactivité mortelle du contenu, elle est malheureusement décédée des suites de son exposition aux radiations. Environ 250 personnes ont été directement irradiées. Quatre d’entre elles, dont Maria, sont mortes des suites de cette exposition, tandis que les cas de cancer du sein se sont manifestés à des taux bien plus élevés dans la région pendant plusieurs décennies. La recherche scientifique et une longue expérience ont prouvé que les radiations responsables possèdent un pouvoir incroyable de guérison, mais lorsqu’elles tombent entre de mauvaises mains, leur terrible pouvoir de tuer devient beaucoup trop évident.

Selon la source : popularmechanics.com

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