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Un bébé Néandertalien massif révèle à quel point il différait des nourrissons humains modernes
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une découverte qui précise l’histoire de nos cousins disparus

La perception qu’ont les anthropologues des Néandertaliens évolue constamment, révélant de plus en plus de similitudes avec les humains modernes. Toutefois, de nouvelles recherches indiquent que les bébés de ces cousins éteints présentaient des différences anatomiques majeures avec nos propres enfants. Une récente analyse portant sur un nourrisson néandertalien, ayant vécu il y a un peu plus de 50 000 ans, démontre que ces très jeunes individus étaient particulièrement imposants en comparaison des bébés Homo sapiens.

Le squelette étudié a été initialement découvert au cours des années 1990 dans la grotte d’Amud, un site archéologique situé en Israël. Il représente à ce jour l’exemple le plus complet de nourrisson néandertalien jamais mis au jour par les scientifiques. L’étude de ce spécimen rare apporte un nouvel éclairage sur les premiers stades de la vie de cette espèce, en soulignant une nécessité biologique de grandir extrêmement vite pour assurer sa survie dès la naissance.

Des proportions inédites pour un nourrisson de cinq mois

credit : lanature.ca (image IA)

Daté d’une période comprise entre 51 000 et 56 000 ans, le spécimen de la grotte d’Amud est constitué d’un ensemble de 111 fragments squelettiques. Jusqu’à cette nouvelle analyse complète, seuls les os crâniens de cet individu avaient fait l’objet d’études approfondies par la communauté scientifique. Des examens menés précédemment sur les dents du jeune Néandertalien avaient notamment permis aux chercheurs de conclure que l’enfant était mort à l’âge approximatif de 5,5 mois.

En examinant le reste de l’ossature, les chercheurs ont pu démontrer que cet individu présentait des mensurations équivalentes à celles d’un enfant humain moderne de plus du double de son âge. Dans le détail, les proportions des os des membres supérieurs correspondent à celles d’un nourrisson Homo sapiens de 13,7 mois, tandis que les membres inférieurs s’alignent sur ceux d’enfants humains modernes âgés de 12 à 14 mois. Les auteurs de l’étude estiment la taille de ce bébé néandertalien dans une fourchette allant de 70,3 à 78,6 centimètres (soit 27,7 à 31 pouces), ce qui implique qu’il était potentiellement aussi grand qu’un garçon humain de 14 mois.

Un développement infantile accéléré dès la sortie de l’utérus

credit : lanature.ca (image IA)

Selon les chercheurs en charge de cette étude, ces données biométriques indiquent que « les Néandertaliens pourraient avoir suivi un modèle de croissance unique et rapide au début de leur vie ». Leurs nourrissons semblaient ainsi surpasser largement en taille les bébés appartenant à notre propre espèce. S’il reste délicat de formuler des affirmations généralisées en raison du faible nombre de bébés néandertaliens découverts à ce jour, les auteurs soulignent qu’un petit nombre d’autres trouvailles provenant d’autres régions semblent afficher une trajectoire de croissance similaire.

De récents travaux ont suggéré que le développement fœtal des Néandertaliens était assez similaire à celui des Homo sapiens, signifiant que les deux espèces ne différaient probablement pas beaucoup au moment de la naissance. Cependant, les auteurs de cette nouvelle analyse avancent l’hypothèse que les Néandertaliens connaissaient une croissance beaucoup plus rapide que les humains modernes au cours de leurs tout premiers mois hors de l’utérus, avant que les modèles de développement des deux espèces ne s’équilibrent plus tard dans l’enfance.

L’apparition précoce de l’anatomie néandertalienne

credit : lanature.ca (image IA)

Malgré le très jeune âge du spécimen d’Amud lors de son décès prématuré, les scientifiques notent qu’il présente déjà un certain nombre de traits anatomiques caractéristiques de son espèce. L’ossature du nourrisson dévoile notamment une « clavicule robuste » ainsi qu’une première côte droite, des marqueurs squelettiques typiquement néandertaliens.

Cette présence précoce de caractéristiques physiques spécifiques a particulièrement retenu l’attention des spécialistes de l’évolution humaine. Les auteurs de l’étude expliquent que l’observation de ces os « indique que la morphologie unique des Néandertaliens apparaît à un très jeune âge ». Le corps prenait ainsi sa forme définitive bien plus tôt que ce qui est généralement observé chez nos ancêtres directs.

Une adaptation vitale au climat glacial de l’Eurasie

Le taux de croissance accéléré des nourrissons néandertaliens reflète vraisemblablement le fait qu’ils avaient des besoins énergétiques largement supérieurs à ceux des humains modernes. Les Néandertaliens ont en effet évolué dans le climat glacial de l’Eurasie préhistorique. De ce fait, ils nécessitaient des corps de grande taille et massifs afin de pouvoir générer et conserver autant de chaleur que possible. À l’inverse, notre espèce a émergé sur le continent africain, où les conditions climatiques plus chaudes n’imposaient pas de telles exigences physiques aux bébés.

« Cela suggère une stratégie évolutive mettant l’accent sur un développement accéléré dans les premières années de vie, probablement avantageux dans les environnements rudes qu’habitaient les Néandertaliens », concluent les chercheurs. Les détails méthodologiques et l’intégralité de cette recherche ont été publiés dans la revue spécialisée Current Biology.

Selon la source : iflscience.com

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