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L’IA recrée les terribles derniers instants d’une victime de Pompéi fuyant avec un bouclier de fortune
Crédit: Pompeii Archaeological Park; modifier par lanature.ca

Une découverte macabre aux portes de la cité antique

credit : lanature.ca (image IA)

L’éruption du Vésuve a engendré de multiples façons de perdre la vie dans d’atroces souffrances, comme le rappelle la récente mise au jour de deux corps près de la cité antique de Pompéi. Ces deux individus ont trouvé la mort à quelques heures d’intervalle, affrontant des destins funestes dans des circonstances bien distinctes. Leurs dépouilles ont été localisées juste à l’extérieur des remparts de la ville, à proximité de la nécropole de Porta Stabia.

Les chercheurs estiment que ces deux personnes ont péri au cours de la matinée du 25 août 79 de notre ère, ce qui correspond au deuxième jour de la tristement célèbre éruption volcanique. Au moment de la catastrophe, le duo tentait vraisemblablement de s’échapper en direction de la côte pour fuir le cataclysme. Les fouilles ont révélé une stratigraphie complexe, témoignant de la chronologie implacable des événements.

Le déluge de lapilli et la course dans l’obscurité

credit : Pompeii Archaeological Park

En creusant dans les sédiments accumulés, les archéologues ont découvert un premier squelette enfoui en profondeur, directement dans la couche de lapilli volcaniques. Cette strate se compose de fragments de roche solide et de lave en fusion qui se sont abattus sur Pompéi telle une pluie destructrice. Cet homme, âgé de la fin de la vingtaine au milieu de la trentaine, mesurait un peu moins que l’autre victime retrouvée sur le site.

L’analyse de la profondeur à laquelle reposait le squelette a permis aux chercheurs d’estimer l’heure de son décès entre cinq et six heures du matin. À cet instant, la visibilité était quasiment nulle : le soleil n’était pas encore levé et une épaisse nuée volcanique obscurcissait l’atmosphère. Pour pallier cette obscurité totale, la victime transportait une lampe à huile au moment de son trépas.

Un mortier en terre cuite en guise d’ultime protection

credit : lanature.ca (image IA)

L’un des détails les plus marquants de cette découverte réside dans l’objet que le trentenaire tenait fermement : un mortier en terre cuite. Selon toute vraisemblance, il utilisait cet ustensile au-dessus de sa tête comme un bouclier protecteur contre la cascade de lapilli incandescents. Toutefois, l’objet a été retrouvé fracturé, suggérant qu’il n’a pas résisté à la violence de l’assaut. L’homme a probablement succombé sous ce déluge d’éjectas volcaniques brûlants.

Outre le mortier et la lampe à huile, d’autres éléments personnels accompagnaient la dépouille. L’individu portait un anneau en fer à l’auriculaire de sa main gauche. Juste à côté de son corps, les archéologues ont mis au jour une réserve personnelle composée de dix pièces de monnaie en bronze, un pécule emporté dans cette fuite désespérée.

Le destin fatal de la seconde victime

credit : lanature.ca (image IA)

Le second individu a été découvert dans une strate supérieure, pris au piège dans une couche de cendres reposant au-dessus des dépôts de lapilli volcaniques. D’après la chronologie établie par les chercheurs, ce jeune homme est mort environ deux heures après la première victime de la matinée. Contrairement à son aîné, il a succombé après avoir été rattrapé par un flux pyroclastique, un courant mortel composé de gaz toxiques à très haute température.

Les ossements révèlent que cette deuxième victime était âgée de 18 à 20 ans au moment de la catastrophe. D’une stature plus imposante que son compagnon de route, le jeune homme mesurait 166 centimètres, soit 5 pieds et 5 pouces. Si les averses de pierres brûlantes ont épargné ce fuyard, ce sont finalement les nuées ardentes qui ont scellé son destin.

La modélisation pour faire revivre l’Antiquité

credit : lanature.ca (image IA)

Afin de matérialiser ces instants dramatiques, les archéologues ont croisé les techniques d’édition photographique avec l’intelligence artificielle pour recréer les derniers moments de l’homme au mortier. L’image générée intègre l’ensemble des données extraites du site et montre l’individu tenant son bouclier de terre cuite au-dessus de sa tête, fuyant dans l’obscurité matinale. Cette scène fait écho aux récits historiques de Pline le Jeune, qui observait le désastre depuis l’autre côté de la baie de Naples. L’écrivain antique décrivait des habitants courant vers la plage de Stabies, la tête protégée par de simples oreillers.

Gabriel Zuchtriegel, directeur général du Parc archéologique de Pompéi, s’est exprimé dans un communiqué officiel. « L’immensité des données archéologiques à Pompéi et au-delà est aujourd’hui telle que ce n’est qu’avec l’aide de l’intelligence artificielle que nous pourrons les protéger et les mettre en valeur de manière adéquate », a-t-il déclaré. Il a ensuite complété son propos : « Si elle est bien utilisée, l’IA peut contribuer à un renouveau des études classiques, en racontant le monde antique de manière plus immersive ». L’intelligence artificielle vient ici figer l’une des heures les plus terrifiantes de l’Antiquité, restituant l’horreur viscérale de la catastrophe.

Selon la source : iflscience.com

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