Un pétrolier chinois sous sanctions américaines traverse le détroit d’Ormuz malgré le blocus américain
Auteur: Simon Kabbaj
Un blocus américain immédiatement mis à l’épreuve

La tension monte dans le Golfe. Mardi, au premier jour complet d’un blocus américain visant les navires qui font escale dans les ports iraniens, un troisième pétrolier lié à l’Iran a été observé pénétrant dans la zone via le stratégique détroit d’Ormuz, selon les données de navigation.
Cette mesure de blocus a été annoncée par le président américain Donald Trump dimanche dernier. La décision a suivi l’échec des pourparlers de paix qui se sont tenus à Islamabad durant le week-end entre les États-Unis et l’Iran, et qui n’ont pas abouti à un accord.
Cependant, une subtilité demeure. Les trois navires repérés en train de transiter par le détroit ne se dirigeaient pas vers des ports iraniens. De ce fait, ils ne tombent pas techniquement sous le coup des restrictions imposées par Washington.
Le cas du « Peace Gulf », un navire sous surveillance

Parmi les navires observés, le « Peace Gulf » a particulièrement attiré l’attention. Battant pavillon panaméen, ce pétrolier de taille moyenne fait actuellement route vers le port de Hamriyah, situé aux Émirats arabes unis, comme le confirment les données de LSEG.
L’itinéraire et la cargaison de ce navire sont bien connus des analystes. Selon les informations de la société Kpler, le « Peace Gulf » transporte habituellement du naphta iranien. Il s’agit d’une matière première pétrochimique qu’il achemine vers d’autres ports non-iraniens du Moyen-Orient, en vue d’une exportation ultérieure vers l’Asie.
Deux autres tankers déjà sanctionnés par Washington

Avant le passage du « Peace Gulf », deux autres pétroliers déjà visés par des sanctions américaines avaient franchi le détroit. Le premier, le « Murlikishan », est un tanker de type « Handy ». D’après les données de Kpler, il se dirige vers l’Irak où il doit charger du fioul le 16 avril.
Ce navire, anciennement connu sous le nom de MKA, a un historique notable : il a par le passé transporté du pétrole russe et iranien, ce qui explique sa présence sur les listes de surveillance américaines.
Le second navire sanctionné, le « Rich Starry », s’apprêtait quant à lui à être le premier à traverser le détroit et à quitter le Golfe depuis l’entrée en vigueur du blocus, selon les données croisées de LSEG et Kpler.
Zoom sur le « Rich Starry » et son propriétaire chinois

Le « Rich Starry » est un pétrolier de taille moyenne transportant une cargaison significative : environ 250 000 barils de méthanol. Les données de suivi indiquent qu’il a chargé cette marchandise lors de sa dernière escale, au port de Hamriyah, aux Émirats arabes unis.
Le navire et son propriétaire, la société Shanghai Xuanrun Shipping Co Ltd, ont été sanctionnés par les États-Unis pour leurs liens commerciaux avec l’Iran. Il n’a pas été possible de joindre l’entreprise pour obtenir un commentaire. Les informations disponibles précisent également que l’équipage à bord de ce tanker de propriété chinoise est de nationalité chinoise.
Pékin dénonce une mesure « dangereuse et irresponsable »

La situation n’a pas manqué de faire réagir sur la scène internationale. Mardi, le ministère chinois des Affaires étrangères a qualifié le blocus américain des ports iraniens de mesure « dangereuse et irresponsable ». Pékin a averti que cette décision ne ferait qu’aggraver les tensions dans une région déjà instable.
Lors de sa déclaration, le ministère n’a toutefois pas précisé si des navires chinois étaient actuellement en train de franchir le détroit d’Ormuz. Cette prise de position marque néanmoins une opposition claire à la stratégie de pression maximale exercée par Washington sur Téhéran.
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