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Nids-de-poule à Montréal : pourquoi le colmatage à la pelle est parti pour durer
Crédit: lanature.ca (image IA)

Au moins un an d’attente pour un retour à la normale

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Les rues de Montréal devront encore patienter. La mairesse, Soraya Martinez Ferrada, a annoncé qu’il faudrait au minimum une année entière avant que la Ville ne dispose de l’équipement adéquat pour boucher les nids-de-poule de manière efficace. En attendant, la seule solution reste le colmatage manuel, à la pelle, une méthode moins durable confiée à des sous-traitants.

S’exprimant lundi lors d’un bref point de presse en amont du conseil municipal, l’élue a pris un engagement clair. « Je vais m’assurer que d’ici au printemps prochain, on ne sera pas pris dans la même situation que celle qu’on vit en ce moment », a-t-elle affirmé. Une promesse qui souligne l’urgence d’une situation héritée de contrats non renouvelés et d’un parc matériel défaillant.

La mairesse a d’ailleurs rappelé avoir été contrainte d’octroyer des contrats de colmatage manuel à deux reprises au cours de l’hiver. La raison ? Un manque criant de moyens techniques en interne pour permettre aux équipes municipales d’intervenir.

Depuis janvier, un vide contractuel aux lourdes conséquences

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Le cœur du problème est administratif : depuis le 1er janvier, la Ville de Montréal se trouve sans contrat pour le colmatage mécanisé des nids-de-poule. Le précédent accord, passé sous l’administration de Valérie Plante avec l’entreprise Environnement NRJ Inc., est arrivé à échéance le 31 décembre dernier. Ce contrat, d’une valeur de 11 millions de dollars sur trois ans, assurait une intervention rapide et efficace.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’an dernier, grâce à cet accord, plus de 45 000 trous avaient été rebouchés durant les mois d’hiver dans la métropole. Une performance rendue possible par le déploiement de plus d’une dizaine de colmateuses mécanisées, notamment les fameux Python 5000. Une capacité d’intervention aujourd’hui disparue.

En comparaison, les solutions d’urgence mises en place se révèlent bien moins performantes. En février, 10 contrats ont été octroyés de gré à gré. Résultat : près de 15 000 nids-de-poule ont été comblés, mais cette fois-ci manuellement, avec des pelles. Une méthode dont l’efficacité à long terme est limitée.

Des réparations éphémères et l’appel à un citoyen

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La mairesse l’a elle-même reconnu la semaine dernière : les trous colmatés manuellement depuis cet hiver se sont déjà recreusés. Une situation qui a poussé l’administration à faire une nouvelle fois appel au secteur privé pour tenter de maîtriser le problème et reboucher les chaussées endommagées.

Dans un geste pour le moins inattendu, Soraya Martinez Ferrada a même publiquement invité un citoyen, Saâd Tekiout, à soumissionner pour obtenir des contrats. Depuis plusieurs semaines, cet homme fait le tour des réseaux sociaux en filmant ses propres interventions, où on le voit colmater lui-même les nids-de-poule de son quartier, gagnant une popularité soudaine.

Un manque d’équipement au cœur des justifications

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Face aux critiques, la mairesse de Montréal a détaillé les raisons qui paralysent l’action de ses services. L’inventaire du matériel disponible est, selon elle, insuffisant pour permettre aux cols bleus de prendre le relais des entreprises privées de manière efficace et durable.

Son énumération est sans appel : « Je n’ai pas de Python 5000 qui fonctionne, je n’ai pas de machine qui est capable de chauffer l’asphalte pour faire du resurfaçage ou du patchwork. Je n’ai pas les outils, les équipements pour demander à nos cols bleus de faire le travail », a-t-elle déclaré pour justifier la situation actuelle.

« C’est la panique à bord ! » : la vive réaction de l’opposition

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Cette gestion de crise n’a pas manqué de faire réagir l’opposition. Durant la séance du conseil, sa leader, Marie Plourde, a dénoncé ce qu’elle qualifie d’improvisation et de réaction tardive de la part de l’administration municipale.

« C’est la panique à bord ! […] Est-ce que c’est normal que la mairesse réagisse seulement quand elle fait un flat ou qu’un influenceur lui pousse dans le dos ? » a-t-elle lancé pour critiquer le manque d’anticipation de la Ville. Elle a également exprimé son inquiétude pour l’avenir, affirmant que la situation ne risquait pas de s’arranger.

Selon Marie Plourde, l’administration de Mme Martinez Ferrada prévoit d’investir des millions de dollars de moins que ce qu’avait budgété l’équipe de Valérie Plante dans les programmes de repavage et de revêtement des rues au cours des prochaines années. Une critique qui laisse présager des débats houleux sur l’entretien des infrastructures montréalaises.

Selon la source : tvanouvelles.ca

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