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Un trafiquant tente de vendre des pièces antiques à un brocanteur, puis le gouvernement norvégien intervient
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une transaction avortée et l’intervention des autorités norvégiennes

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Comme le rapporte le journaliste Tim Newcomb dans un article publié le 15 juin 2026, un ressortissant tunisien a tenté d’introduire clandestinement plus de deux douzaines de pièces de monnaie vieilles de 2 200 ans dans la ville d’Oslo. L’objectif de ce voyage était de vendre ces artefacts inestimables à un numismate spécialisé dans les antiquités. Cependant, les forces de l’ordre locales l’attendaient de pied ferme.

Cette affaire trouve son point de départ en 2022. L’individu avait alors pris contact avec un négociant norvégien par courrier électronique. Le vendeur affirmait être en possession de plus de 440 livres, soit environ 200 kilogrammes, de pièces puniques antiques en bronze, issues d’une découverte sous-marine au large des côtes tunisiennes. Pour étayer ses dires, plusieurs photographies accompagnaient le message numérique.

Refusant de s’impliquer dans un échange illégal, le marchand d’art a immédiatement alerté la police. Les enquêteurs ont ainsi pu suivre le trajet du vendeur, qui voyageait vers Oslo en passant par Paris. Le suspect a été arrêté dès son arrivée avec un échantillon de la cargaison illicite, composé d’un total de trente pièces.

L’expertise archéologique de l’Université d’Oslo

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À la suite de cette saisie, les autorités ont sollicité l’expertise de l’Université d’Oslo. Les spécialistes du Musée d’histoire culturelle de l’établissement universitaire ont pris en charge la recherche et la documentation des objets confisqués avant leur retour officiel au gouvernement tunisien, une restitution qui s’est concrétisée en mars 2023.

Les experts mobilisés ont formellement confirmé l’authenticité des artefacts. Il s’agissait bien de bronzes puniques, frappés dans la cité de Carthage durant la deuxième guerre punique, une période historique située entre les années 215 et 205 avant notre ère. Cette identification précise a permis d’évaluer la valeur inestimable du butin intercepté.

L’étude approfondie a révélé que chacune des trente pièces présentait une usure similaire. Cette observation technique indique qu’elles ont probablement été frappées au même moment, puis échangées et stockées ensemble au fil des siècles. Les analyses ont également mis en évidence que l’alliage contenait de l’argent, une caractéristique qui rendait ces objets plus précieux pour être thésaurisés que pour être dépensés au quotidien.

Une analyse numismatique détaillée des trishekels et shekels

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Le lot de trente pièces confisqué par les douanes comprenait deux dénominations distinctes. La majeure partie de l’échantillon, soit vingt-quatre unités, était constituée de grandes pièces pesant entre 14 et 18 grammes. Ces objets massifs sont techniquement désignés sous le terme de « trishekels » par les historiens de la monnaie.

Les six autres pièces de l’ensemble, beaucoup plus petites, affichaient un poids individuel compris entre six et neuf grammes et sont connues sous le nom de « shekels ». Indépendamment de leur taille, toutes présentaient une iconographie identique : la tête de la déesse Tanit figurait sur une face, tandis qu’un cheval se tenant devant un palmier ornait l’autre côté.

Les recherches menées sur ces artefacts ont fait l’objet d’une publication détaillée. Selon une étude parue dans la revue Libyan Studies, les chercheurs soulignent : « La représentation similaire du corps du cheval et de ses pattes avant sur le revers de chaque dénomination indique que les matrices avec lesquelles elles ont été frappées ont été gravées par des artisans travaillant dans le même atelier de la monnaie de Carthage, et que ces pièces ont été émises simultanément. »

Des preuves numériques et une conclusion judiciaire inattendue

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L’inspection physique du métal a confirmé que les pièces avaient passé plusieurs siècles sous l’eau. Les traces d’oxydation spécifiques suggèrent qu’elles reposaient au sein d’une épave navale ou dans les ruines d’un port antique englouti par la mer.

L’exploitation du téléphone portable du passeur a fourni des indices cruciaux aux autorités. Des photographies de la découverte originelle y ont été retrouvées, accompagnées de données de géolocalisation pointant directement vers une zone côtière de la Tunisie. Grâce à ces coordonnées, les enquêteurs ont pu conclure que le trésor complet contiendrait probablement des dizaines de milliers de pièces similaires, toujours cachées ou en circulation clandestine.

Malgré l’ampleur du trafic découvert, l’issue juridique de cette affaire s’est révélée surprenante. Bien que la coopération internationale ait permis de restituer les trente pièces confisquées aux autorités tunisiennes, les charges pesant contre le trafiquant ont finalement été abandonnées. L’homme a ainsi pu retourner librement en Tunisie, laissant derrière lui de nombreuses questions sans réponse sur le reste du butin.

L’appel des chercheurs face à un marché noir mondial

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Les scientifiques ont vivement salué l’action du marchand de pièces, des forces de police, du musée et des instances gouvernementales qui ont collaboré sur ce dossier complexe. Ils ont néanmoins tenu à souligner que la récupération de cet échantillon de trente unités ne représente qu’une fraction infime du trésor originel, dont la majeure partie reste introuvable.

La situation exige une réponse globale, comme le formulent les auteurs de l’étude : « Lutter contre le pillage et le commerce illicite d’artefacts du patrimoine culturel nécessite des efforts coordonnés et de la coopération. La restitution d’artefacts illégaux joue un rôle important pour diminuer les dommages causés à ces communautés. La Tunisie a souffert, et continue de souffrir, de graves conséquences liées au pillage et au trafic de biens culturels. »

Les pièces antiques constituent aujourd’hui l’objet archéologique illicite le plus trafiqué au monde, en raison de la forte demande du marché et de la facilité avec laquelle ces petites pièces peuvent être transportées. L’étude révèle qu’au moins trois pièces provenant très probablement de ce même gisement sous-marin sont actuellement proposées à la vente dans des catalogues d’antiquaires. Les experts notent qu’au cours de la dernière décennie, plus de 500 exemplaires du même type sont apparus dans des catalogues de ventes aux enchères en ligne. Les auteurs concluent : « Il est espéré que cette contribution favorisera une plus grande prise de conscience de la dispersion de pièces de monnaie et d’autres objets sans provenance sur le marché privé. »

Selon la source : popularmechanics.com

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