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Le Starship V3 amélioré de SpaceX s’apprête à décoller : son succès pourrait influencer l’avenir du programme Artemis
Crédit: SpaceX (CC BY-NC 2.0)

Un rendez-vous crucial pour le plus grand lanceur du monde

credit : lanature.ca (image IA)

L’entreprise spatiale SpaceX s’apprête peut-être à battre son propre record, celui du lancement de la fusée la plus imposante et la plus puissante jamais construite. Ce mardi marque en effet le tout premier vol d’essai pour la version Block 3 du lanceur spatial Starship. L’ouverture de la fenêtre de tir est programmée à 17h30, heure avancée du Centre (Central Daylight Time).

Les attentes autour de ce vol sont majeures. Les nombreuses améliorations apportées à cet engin spatial colossal sont jugées primordiales pour valider un test de ravitaillement en orbite, dont la réalisation est prévue plus tard dans l’année.

Cette étape s’inscrit dans un calendrier serré où la fiabilité de la machine doit être prouvée. La réussite de ce premier décollage pour la configuration Block 3 déterminera en grande partie la viabilité des futures opérations de l’entreprise en orbite terrestre basse.

Des mensurations historiques et une puissance décuplée

credit : lanature.ca (image IA)

Le développement de cette nouvelle génération fait suite à une série d’essais en demi-teinte pour la version précédente. Seulement six exemplaires du Block 2 ont été produits, et cinq d’entre eux ont pris leur envol lors de tests. Si la majorité de ces tentatives se sont soldées par des explosions, les deux dernières ont été couronnées de succès, le vaisseau effectuant un amerrissage contrôlé dans l’océan Indien.

La version Block 3 affiche des dimensions revues à la hausse. Le vaisseau gagne près de 1,8 mètre (six pieds) par rapport à son prédécesseur, tandis que le propulseur s’allonge de 1,3 mètre (4,3 pieds). Une fois assemblé, l’ensemble culmine à 124 mètres (408 pieds), devenant ainsi la plus grande fusée jamais construite, atteignant presque la hauteur de la Grande Pyramide de Gizeh.

Les performances techniques suivent cette même courbe ascendante. La capacité de charge utile passe de 35 à 100 tonnes, avec un volume de carburant embarqué supérieur. L’appareil est équipé d’un nouveau design de tuiles, de nouveaux moteurs et de matériel inédit dédié aux opérations de ravitaillement. Côté motorisation, le propulseur devrait générer 10 % de poussée supplémentaire à l’allumage par rapport à la version 2, et le Starship lui-même offrira 14 % de poussée en plus que la configuration Block 2.

Une nouvelle trajectoire pour limiter les risques

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Pour ce vol d’essai, un changement de cap significatif a été acté. Le lancement s’effectuera toujours depuis la base de Boca Chica, au Texas, mais la fusée empruntera une trajectoire différente, orientée davantage vers le sud.

Cette décision fait suite aux incidents de l’année dernière. Lors de la désintégration du Starship, la trajectoire de vol survolait le détroit de Floride. Les débris de l’explosion étaient alors retombés sur l’État de Floride ainsi que sur plusieurs îles des Caraïbes, notamment les îles Turques-et-Caïques.

Afin de prévenir ce genre d’événement, le nouveau plan de vol prévoit une traversée au-dessus du golfe du Mexique. Le parcours fera passer l’engin spatial dans le couloir situé entre la péninsule du Yucatan et l’île de Cuba, offrant ainsi une zone de retombée sécurisée au-dessus des eaux.

L’exigence de la NASA pour le retour sur la Lune

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Si ce lancement se déroule sans encombre, la prochaine étape consistera à mener à bien le test de ravitaillement en orbite, une manœuvre longtemps retardée. Cette capacité spécifique est considérée comme la clé de voûte du programme Artemis, dont l’objectif final est de ramener des humains sur la surface de la Lune.

L’agence spatiale américaine suit le dossier avec la plus grande attention. Un porte-parole de la NASA déclarait en 2024 à la publication IFLScience : « Le transfert de propergol cryogénique à grande échelle de Starship à Starship est une capacité critique nécessaire pour la mission du système d’atterrissage humain Starship pour Artemis III et Artemis IV. » L’entreprise SpaceX n’a pas répondu à la demande de commentaires formulée à ce sujet.

Le représentant de l’agence a précisé les attentes en matière de sécurité : « Le test de transfert de propergol fait partie d’une série de tests, avec des revues de conception détaillées, qui fourniront à la NASA des données et des preuves pour certifier l’atterrisseur. À la suite de la démonstration de transfert de propergol, la NASA examinera les résultats du test et certifiera les systèmes de l’atterrisseur avant les missions de démonstration avec équipage afin de garantir la sécurité des astronautes et le succès de la mission. »

Des retards accumulés et un calendrier sous pression

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Le programme lunaire a récemment subi d’importants ajustements. En février, il a été annoncé que la mission Artemis III ne se poserait finalement pas sur la Lune. L’opération consistera plutôt en un rendez-vous autour de la Terre entre le vaisseau spatial Orion de la NASA, le Starship, et le Blue Moon de l’entreprise Blue Origin. Ce changement constitue un autre test crucial pour le programme, dont on a appris il y a quelques semaines à peine qu’il était repoussé de la mi-2027 à la fin de l’année 2027.

En coulisses, les défis techniques semblent peser sur les échéances. En novembre de l’année dernière, une fuite de documents internes à SpaceX, rapportés par Audrey Decker chez Politico, a révélé que le lanceur Starship ne serait pas prêt à atterrir sur la Lune avant au moins septembre 2028.

Face à ces révélations et aux modifications de calendrier de la NASA, l’enjeu du décollage de mardi est absolu. Avec ce lancement imminent, SpaceX doit impérativement démontrer que son véhicule fonctionne exactement comme prévu pour maintenir le cap du programme spatial.

Selon la source : iflscience.com

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