Impact du climat politique américain sur les habitudes de voyage : entre boycott et maintien des séjours
Auteur: Adam David
Introduction

Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, sur fond de guerre commerciale et de menaces diverses, a modifié les habitudes de déplacement de certains Québécois. Plus d’un an et demi après cette transition politique, la pertinence de franchir la frontière sud pour les vacances fait toujours l’objet de discussions au sein des foyers.
Vendredi soir, l’émission Le Bilan a accueilli deux créateurs de contenus et grands voyageurs pour aborder cette thématique. Marie-Ève Lévesque et Gabriel Rancourt y ont exposé des visions diamétralement opposées, la première ayant choisi d’exclure les États-Unis de ses itinéraires, tandis que le second maintient assidûment ses séjours familiaux en territoire américain.
Le choix de la réorientation géographique pour Marie-Ève Lévesque

Le changement de cap est notable pour Marie-Ève Lévesque, dont le domicile se trouve en Montérégie Ouest, une région située à proximité immédiate de la ligne frontalière. Cette situation géographique facilitait historiquement les escapades fréquentes vers le pays voisin.
« J’ai toujours apprécié voyager aux États-Unis. Nous, on habite en Montérégie Ouest, donc on est collé, on est habitués d’y aller », a précisé la créatrice de contenu lors de son intervention. Elle justifie sa décision d’éviter la destination par le contexte actuel. « Mais avec les circonstances, on a décidé de mettre notre énergie ailleurs », a-t-elle ajouté.
Cette réorientation ne constitue pas une contrainte difficile à porter selon elle. Le territoire québécois, ainsi que d’autres destinations à travers le monde, offrent des régions magnifiques et des alternatives jugées amplement satisfaisantes. « Ce n’est pas une nécessité pour nous d’aller aux États-Unis. On n’a pas l’impression de se priver », a souligné la voyageuse.
Privilégier le plein air et les destinations outre-mer

L’aspect financier de ces nouvelles orientations touristiques a également été abordé par la voyageuse, qui rappelle que de nombreuses options existent pour tous les portefeuilles, et ce, en dehors du territoire américain. « Il y a toujours moyen de moyenner pour tous les budgets. Il y a vraiment des régions qui sont moins chères que d’autres », a-t-elle expliqué.
La pratique d’activités de plein air constitue une méthode privilégiée pour réduire les coûts lors de ces périples tout en profitant des paysages. « On peut opter pour des activités en nature, randonnée, vélo, des choses comme ça qui peuvent nous faire économiser de l’argent », a fait valoir la créatrice de contenu.
Pour illustrer concrètement ses choix d’itinéraires au cours de l’année 2025, Marie-Ève Lévesque a listé ses récents voyages qui l’ont menée à Curaçao, en Martinique et en France. Elle a également précisé que ses prochains projets de déplacement la conduiront prochainement au Portugal.
La perspective familiale et éducative de Gabriel Rancourt

Gabriel Rancourt adopte une position strictement inverse, refusant que le climat diplomatique dicte ses choix de destinations. Père de deux garçons âgés de 9 et 10 ans, il continue de traverser la frontière régulièrement. « Avec notre famille, on ne s’est jamais empêchés de voyager, peu importe les conditions politiques, ou quoi que ce soit », a affirmé l’entrepreneur.
Cette philosophie de voyage a été particulièrement renforcée par la pandémie de COVID-19, un événement sanitaire majeur qui a bousculé les projets de la famille. « Aussitôt que les barrières se sont rouvertes, on pourrait dire, bien, maintenant, on veut profiter de chaque moment en famille et chaque été est excessivement précieux pour nous », a-t-il précisé.
Les séjours aux États-Unis revêtent un caractère formateur essentiel à ses yeux, permettant à ses enfants d’assimiler de nouvelles connaissances. « Je suis tellement content que mes enfants puissent vivre ces expériences-là, apprendre à parler en anglais, apprendre les différents États », a souligné Gabriel Rancourt, avant de mentionner un engouement géographique précis. « Moi, mes 2 garçons sont en amour avec l’Utah. C’est comme une autre planète. »
Accueil local et maintien des relations transfrontalières

Concernant l’attitude de la population locale depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, le voyageur rapporte une expérience positive sur le terrain. Lors d’un séjour dans le sud du pays, il a noté une volonté manifeste des résidents de se montrer accueillants. « En Floride, ils disaient : ‘Désolé pour notre président’. Les gens étaient excessivement gentils », a-t-il décrit, affirmant que « les Américains, ils adorent les Canadiens ».
En raison de cette dynamique humaine et de la proximité indéniable entre les deux territoires, Gabriel Rancourt juge qu’il serait important de conserver nos bonnes relations avec les voisins du Sud.
Malgré des divergences profondes quant à leurs destinations de prédilection respectives, les deux créateurs de contenu s’entendent au moins sur un fait incontestable : l’importance du respect mutuel. Cette absence de critique face aux décisions d’autrui a été résumée par M. Rancourt : « Il ne faut pas juger les choix des autres ».
Selon la source : tvanouvelles.ca