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9 randonneurs ont disparu dans les montagnes. Les secours ont retrouvé leurs corps gelés — mais les autopsies ont révélé d’étranges anomalies
Crédit: lanature.ca (image IA)

Neuf randonneurs, un mystère gelé depuis 1959

C’est une énigme qui hante la Russie depuis plus de soixante ans. En 1959, neuf jeunes randonneurs disparaissent dans les montagnes reculées de l’Oural. Leurs corps sont retrouvés dans des conditions si étranges qu’elles défient l’entendement. Aujourd’hui, alors que les théories les plus folles ont circulé – y compris celle d’une attaque de yéti – de nouveaux éléments suggèrent une explication bien plus glaçante : un drame militaire sur fond de guerre froide.

L’incident du Col Dyatlov, comme on l’appelle, est devenu une véritable obsession pour des générations de chercheurs. Neuf morts mystérieuses, une enquête officielle qui soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Et si la vérité se cachait derrière un tir de missile balistique raté et un nuage mortel d’acide nitrique ?

Une expédition qui tourne au cauchemar

Tout commence le 2 février 1959. Un groupe de neuf étudiants de l’Institut Polytechnique de l’Oural, mené par un certain Igor Dyatlov, s’engage dans une randonnée ambitieuse. L’objectif : parcourir 215 miles (environ 346 km) en 16 jours. Mais le groupe ne donnera plus jamais de nouvelles. L’inquiétude monte et, le 20 février, une vaste opération de recherche est lancée.

La découverte est macabre. Les secouristes trouvent les tentes des randonneurs, mais elles sont lacérées de l’intérieur. À proximité, gisent les corps des neuf étudiants, la plupart en sous-vêtements malgré le froid polaire. Leurs blessures faciales sont étranges, l’un d’eux a le crâne fracturé, d’autres n’ont plus d’yeux. Pourtant, tous leurs objets de valeur sont encore là, intacts.

Les premiers enquêteurs concluent que les randonneurs ont quitté leur tente précipitamment et sont morts soudainement. Une affaire criminelle est ouverte, mais elle sera refermée aussi vite en mai 1959. Le verdict officiel tombera, laconique : mort par exposition aux éléments.

Zones d’ombre et intervention du KGB

Cette conclusion officielle n’a jamais satisfait personne. Comment expliquer que des randonneurs expérimentés fuient leur abri en pleine nuit, à peine vêtus, pour affronter le blizzard ? Les décennies qui suivent voient fleurir une multitude de théories pour expliquer la tragédie du Col Dyatlov.

Le mystère s’épaissit avec des détails troublants qui émergent au fil du temps. On rapporte que la morgue a été immédiatement placée sous scellés après l’arrivée des corps. Le KGB serait intervenu, allant jusqu’à prélever les organes des victimes pour des analyses en laboratoire dont les résultats ne seront jamais publics. Les procédures d’enquête habituelles semblent avoir été court-circuitées, alimentant les soupçons d’une affaire étouffée au plus haut niveau.

L’hypothèse de l’avalanche remise en cause

credit : lanature.ca (image IA)

En 2019, dans une tentative de mettre fin aux spéculations les plus folles, le bureau du procureur général du district fédéral de l’Oural rouvre le dossier. Sa conclusion est simple : une avalanche de plaque aurait forcé le groupe à abandonner sa tente dans la panique. Les randonneurs se seraient enfuis à une distance de 160 pieds (environ 50 mètres) mais, désorientés par la météo, n’auraient jamais pu retrouver leur campement et seraient morts de froid.

Mais cette théorie, elle non plus, ne tient pas la route pour beaucoup. Vladislav Karelin, qui a participé aux recherches en 1959 et qui est aujourd’hui un spécialiste de l’affaire, la réfute catégoriquement. Il se souvient que des « pierres dépassaient » du sol dans la zone du campement et qu’il n’y avait tout simplement pas assez de neige pour déclencher une avalanche de cette ampleur. Ce dont il se souvient, en revanche, c’est d’autre chose. Toute son équipe de recherche a été témoin d’une boule de feu traversant le ciel d’est en ouest. D’autres témoins, à la même période, ont rapporté avoir vu une boule lumineuse se déplaçant du sud vers le nord.

La nouvelle piste : un tir de missile qui aurait mal tourné

credit : lanature.ca (image IA)

En 2023, un bulletin d’information russe relate une conférence de presse qui va relancer toute l’affaire. Des chercheurs y présentent une nouvelle théorie, qui semble cette fois recevoir l’approbation des familles des victimes. Selon eux, la mort des neuf randonneurs ne serait pas due à un phénomène naturel, mais à une catastrophe d’origine humaine : un tir de fusée russe qui aurait échoué.

Vladislav Karelin, le chercheur, livre une citation troublante rapportée par la presse russe : « Un objet non identifié a volé du sud au nord, puis il a changé de direction et a volé d’est en ouest. Seul un objet non identifié doté d’ailes aurait pu changer la trajectoire de son mouvement. » Pour un autre chercheur, Vadim Skibinsky, ces boules de feu n’étaient autres que les gaz d’échappement d’une fusée. Cette hypothèse est renforcée par deux faits : la Russie menait bien des essais de missiles tout au long du mois de février 1959, et des rapports indiquent que la neige avait fondu autour du campement, mais nulle part ailleurs aux alentours.

Un brouillard mortel d’acide nitrique ?

credit : lanature.ca (image IA)

L’équipe de recherche va plus loin, pointant un coupable potentiel : la fusée balistique R-12, un missile à propergol liquide et à moyenne portée. L’échec de son lancement aurait pu entraîner la dispersion d’un brouillard d’acide nitrique qui aurait atteint la tente des randonneurs. Les essais se déroulaient à portée des montagnes où ils campaient.

L’acide nitrique est un composé chimique redoutable. C’est un acide minéral incolore et hautement corrosif, utilisé comme oxydant dans les carburants liquides de fusées. Surtout, son inhalation peut provoquer une confusion intense et de vives douleurs. Cette intoxication pourrait-elle expliquer la fuite irrationnelle du groupe et leurs blessures ? La quête de la vérité sur l’incident du Col Dyatlov vient peut-être de basculer, délaissant l’avalanche pour un brouillard chimique bien plus terrifiant.

Selon la source : popularmechanics.com

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