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Pétrole iranien : la stratégie inattendue de Washington pour calmer les marchés mondiaux
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une dérogation millimétrée annoncée par Washington

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La journée de vendredi a été marquée par une décision singulière des États-Unis sur la scène économique mondiale. Pour tenter d’endiguer la flambée des prix de l’énergie, directement liée à la guerre qui sévit actuellement au Moyen-Orient, Washington a choisi d’alléger certaines de ses sanctions visant le pétrole iranien.

Cette mesure a été officialisée par le service gouvernemental américain chargé des sanctions, connu sous l’acronyme OFAC. Elle autorise la vente et la livraison de pétrole ainsi que de ses dérivés en provenance d’Iran.

Ce cadre temporel est toutefois défini de manière stricte. La dérogation s’applique exclusivement aux hydrocarbures se trouvant sur des navires avant le 20 mars, et cette autorisation restera en vigueur jusqu’au 19 avril.

L’intervention ciblée du Trésor américain

Les contours de cette politique avaient déjà été esquissés la veille. Jeudi, le ministre des Finances américain avait en effet indiqué que les États-Unis envisageaient d’assouplir les sanctions contre l’Iran pour permettre ce type de transactions. Il précisait alors que cette détente s’appliquerait uniquement au pétrole iranien déjà stocké en mer sur des navires.

Vendredi, par le biais d’un communiqué officiel, Scott Bessent a détaillé la mécanique de cette décision. Le Trésor a, selon lui, élaboré « une autorisation très finement circonscrite, de courts termes, permettant la vente de pétrole iranien actuellement bloqué en mer ». Le responsable a immédiatement prévenu que cette démarche « ne permet pas de nouveaux achats ou production ».

L’objectif affiché est d’irriguer les marchés pour faire baisser la tension. « En débloquant temporairement cet approvisionnement, les États-Unis vont rapidement apporter environ 140 millions de barils de pétrole sur le marché mondial, accroître la quantité d’énergie dans le monde et aider à alléger les pressions temporaires sur l’approvisionnement dues à l’Iran », a poursuivi le ministre.

Le contexte militaire de l’Operation Epic Fury

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Derrière cet ajustement économique se dessine une stratégie géopolitique globale. Les décisions du Trésor américain s’inscrivent dans une période de conflit ouvert dans la région, marquée par une offensive militaire israélo-américaine.

Cette opération, lancée le 28 février contre l’Iran, porte le nom d’Operation Epic Fury. La gestion des réserves d’hydrocarbures devient ainsi un levier d’action parallèle aux manœuvres sur le terrain.

L’administration américaine assume pleinement cette dualité. « Concrètement, nous allons utiliser les barils iraniens contre Téhéran pour maintenir les cours (des hydrocarbures, NDLR) bas tandis que nous continuons l’Operation Epic Fury », a affirmé Scott Bessent pour expliciter la manœuvre.

Le démenti formel des autorités de Téhéran

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Face à ces déclarations venues de Washington, la réponse de la République islamique ne s’est pas fait attendre. Dès vendredi, Téhéran a affirmé ne disposer d’aucun surplus de pétrole brut en mer, contredisant la base même de l’annonce américaine.

La position iranienne a été relayée publiquement par Saman Ghoddoosi. Le porte-parole du ministère iranien du Pétrole a choisi de s’exprimer via la plateforme X pour répondre directement au ministre des Finances américain.

Son message rejette l’idée d’une manne pétrolière flottante prête à être écoulée. « Actuellement, l’Iran n’a en réalité plus de surplus de brut en mer ou pour approvisionner les marchés internationaux, et les propos du secrétaire américain au Trésor visent uniquement à donner de l’espoir aux acheteurs », a posté le porte-parole.

L’impact immédiat sur les cours du brut

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La nervosité des marchés s’explique par les perturbations physiques majeures dans la région. Le blocage du détroit d’Ormuz, une zone stratégique par où circule d’ordinaire 20 % du pétrole et du gaz mondiaux, combiné aux nombreuses attaques sur les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient, a fait bondir les cours du brut.

À la clôture des marchés vendredi, les cours du pétrole ont terminé en hausse. Ils restent toutefois sous le seuil symbolique des 120 dollars le baril, une limite qui a été tutoyée à plusieurs reprises depuis le début du conflit. Le baril de Brent de la mer du Nord a ainsi gagné 3,26 % pour atteindre 112,19 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), qui est traditionnellement moins cher, a avancé de 2,27 % pour s’établir à 98,32 dollars.

Ces chiffres témoignent d’une ascension vertigineuse si on les compare aux niveaux d’avant la crise. Le 27 février, à la veille de l’attaque israélo-américaine contre l’Iran, le Brent de la mer du Nord avait terminé sa course à 72,48 dollars, tandis que le WTI affichait un prix de 67,02 dollars.

Selon la source : tvanouvelles.ca

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