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Ils ont découvert le plus gros diamant de l’histoire et imaginé un plan secret pour le transporter à travers l’Europe
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une étincelle inattendue au fond d’un puits

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Le Millennium Star, le Koh-I-Noor, l’Excelsior, le Hope ou encore le Centenary figurent parmi les diamants les plus célèbres et les plus précieux de l’histoire. Bien que son parcours vers la lumière fut dénué de tout glamour initial, le Cullinan trouve tout naturellement sa place au sein de cette liste prestigieuse. Comme le souligne la journaliste Elizabeth Rayne dans un récit publié le 6 mai 2026 à 08h30 (EDT), cette gemme, reconnue comme le plus gros diamant brut de qualité gemme jamais découvert, orne aujourd’hui les parures royales d’une valeur incalculable.

Cette odyssée commence en janvier 1905, au cœur de la mine Premier située près de Pretoria, en Afrique du Sud. Ce vaste site minier regorgeait de pierres précieuses attendant d’être mises au jour. Le capitaine Frederick Wells, alors superintendant des lieux, effectuait son inspection quotidienne de la mine à un peu plus de cinq mètres de profondeur (18 pieds) lorsqu’un éclat lumineux attira son regard. Intringué, le mineur sortit son canif de sa poche pour creuser directement dans la paroi du puits. Dans un premier temps, il crut exhumer un vulgaire éclat de verre, abandonné là en guise de mauvaise blague par un collègue. Il réalisera très vite qu’il s’agissait d’une roche totalement inédite.

Un colosse de pierre destiné à un roi

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La découverte de Frederick Wells n’était autre que le plus grand diamant de qualité gemme sur Terre. Le Cullinan, qui tire son nom du propriétaire de la compagnie minière, présentait des mensurations hors normes. Cette pierre massive de 3106 carats pesait 621 grammes (1,37 livre), mesurant 10,08 centimètres de long (3,97 pouces), 6,35 centimètres de large (2,5 pouces) et 5,84 centimètres de profondeur (2,3 pouces).

Conscients de la rareté de l’objet, les propriétaires de la mine décidèrent de le vendre au gouvernement de la colonie sud-africaine du Transvaal en 1907. Le montant de la transaction s’éleva alors à 203 000 dollars, un chiffre qui représente aujourd’hui plus de 7 milliards de dollars. Les autorités gouvernementales estimèrent que cette pièce unique revenait de droit au roi Édouard VII. Ses dimensions exceptionnelles, son léger reflet bleuté et sa clarté incroyable le destinaient immédiatement à devenir un héritage de la royauté. Le diamant fut ainsi offert au souverain britannique à l’occasion de son anniversaire, dans le contexte de l’après Seconde Guerre des Boers, afin de célébrer cinq années de paix.

L’illusion d’optique pour tromper la presse

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L’arrivée du joyau sur le sol britannique nécessitait une logistique sans faille. Il fallait transporter la pierre en toute sécurité jusqu’à Londres, sans que des voleurs ne transforment l’opération en un casse spectaculaire. La solution passait par un stratagème habile visant à détourner l’attention des journalistes lors de sa traversée secrète de l’océan.

Tandis que les reporters traquaient la moindre information, le gouvernement colonial mit en place une véritable mise en scène. Des gardes armés et du personnel militaire furent embauchés à grand renfort de publicité et de célébrations officielles. Les médias couvrirent l’événement avec ferveur, ignorant totalement que cette armada majestueuse n’était qu’un leurre. Pendant que les supposés gardiens du Cullinan prenaient place à bord d’un navire en partance pour Londres, l’authentique diamant traversait l’océan dans une modeste boîte banalisée, dissimulée au milieu d’une expédition de colis postaux tout à fait classiques.

Le voyage en poche et le couperet d’Amsterdam

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Le diamant atteignit Londres sans la moindre difficulté. À la suite de sa présentation officielle au roi Édouard VII en 1908, les experts furent catégoriques : il était impossible de tailler et de polir la gemme dans sa forme brute. Il fallait impérativement la diviser en morceaux plus petits, ce qui impliquait un nouveau déplacement international, cette fois-ci vers Amsterdam, aux Pays-Bas. Le roi fit alors assurer la pierre non taillée à hauteur de 49,4 millions de dollars, soit sa valeur estimée de l’époque. Les différentes gemmes issues de sa taille sont aujourd’hui évaluées à plusieurs milliards de dollars au total. L’opération fut confiée à la société M.J. Levy & Nephews, qui achemina la pièce vers le célèbre joaillier Joseph Asscher de la Royal Asscher Diamond Company d’Amsterdam.

Une fois encore, les journalistes se précipitèrent lorsqu’il fut annoncé que le diamant Cullinan embarquait sur un navire de la Royal Navy dans une boîte scellée. Ce réceptacle était, lui aussi, complètement vide. Abraham, le frère de Joseph Asscher, transportait très simplement la gemme inestimable dans la poche de son manteau pendant toute la durée de la traversée de la mer du Nord. Le joyau arriva discrètement au siège de l’entreprise, où Joseph Asscher prit la main. Après l’avoir longuement analysé, il réalisa une tentative publiquement embarrassante pour couper la pierre, qui se solda par la rupture de son propre outil. L’artisan dût renforcer son équipement avant de parvenir, dans la plus stricte intimité et avec la seule présence d’un notaire public, à scinder la gemme en deux.

Un héritage pérennisé dans les joyaux de la Couronne

La pierre d’origine fut d’abord séparée en deux grands morceaux pesant respectivement 1997 et 1040 carats. Le processus de taille aboutit finalement à un total de neuf pierres principales, 96 gemmes plus petites et quelques restes polis. Ces résidus constituèrent la rémunération de la famille Asscher, qui s’en servit pour créer des parures de mariage familiales existant encore aujourd’hui. À la mort d’Édouard VII, le roi George V décida de faire sertir les deux plus grandes pièces, le Cullinan I et le Cullinan II, sur le Sceptre du Souverain et la Couronne impériale d’apparat. Il racheta par la suite le Cullinan VI et VII auprès de l’artisan néerlandais pour les offrir à la reine Alexandra. Cet ensemble, complété par le Cullinan III et IV ayant appartenu à la reine Mary, fut ensuite transmis à la reine Élisabeth II lors de son couronnement de 1953.

La phase finale de la métamorphose du diamant Cullinan est désormais visible du grand public au sein de la Tour de Londres, où il est exposé avec le reste des joyaux de la Couronne. Le Cullinan I, que l’on nomme également la « Grande Étoile d’Afrique », constitue le joyau littéral de la couronne royale britannique. Ses 74 facettes reflètent la lumière pour un poids total de 530,2 carats. La « Petite Étoile d’Afrique » s’intègre parmi des milliers de diamants taille brillant, accompagnés de rubis, de saphirs et de perles, directement sur le sceptre royal. Bien qu’un peu plus discret, le Cullinan III a été façonné en forme de poire pour devenir une broche de la reine Élisabeth II. La monarque arborait d’ailleurs ce bijou aux côtés du Cullinan IV lors de sa rencontre avec Louis, le frère de Joseph Asscher, en 1958.

Au cours de cette entrevue marquante, face à cet homme dont la vue déclinante l’empêchait presque de réaliser ce qu’il regardait, la souveraine fit un geste inattendu. « Tenez, Monsieur Asscher, vous pouvez les prendre dans vos mains », déclara-t-elle avec assurance. Et d’ajouter à l’attention du joaillier profondément ému : « Vous les avez déjà tenus entre vos mains auparavant ! »

Selon la source : popularmechanics.com

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