Un adolescent a recréé le légendaire rayon de la mort d’Archimède — et il pourrait vraiment fonctionner
Auteur: Mathieu Gagnon
L’étincelle née d’un mythe antique

Le 11 mai 2026 à 9h31 EDT, le journaliste Tim Newcomb mettait en lumière une histoire hors du commun. Un jeune scientifique a revisité une arme légendaire de l’Antiquité avec une approche qui pourrait bousculer certaines certitudes historiques. L’enthousiasme pour les concepts de la Grèce antique animait alors Brenden Sener, un garçon de douze ans originaire de London, en Ontario.
L’attention du jeune étudiant s’est fixée sur un mythe précis. Les experts attribuent au mathématicien Archimède la conception d’une arme capable de concentrer la lumière du soleil directement sur les navires ennemis : le célèbre rayon de la mort. Brenden Sener a voulu savoir si cette histoire pouvait tenir la route dans le cadre d’une salle de classe.
Cette fascination trouve ses racines lors de vacances familiales en Grèce, comme le précise une entrevue accordée à CNN. Son tout premier projet scientifique portait sur la vis d’Archimède, un dispositif conçu pour déplacer l’eau. Le défi de déplacer l’énergie solaire offrait cependant un niveau d’intrigue bien supérieur à celui des fluides.
Une expérience miniature aux résultats probants

Pour vérifier ses hypothèses, Brenden Sener a fabriqué une version miniature du concept. Son équipement reposait sur une lampe chauffante et quatre miroirs concaves. Chacun de ces miroirs était orienté de manière à frapper une marque précise sur un morceau de carton, constituant ainsi la cible de son rayon.
Lors de l’édition 2023 du Matthews Hall Annual Science Fair, il a dévoilé les résultats de son expérimentation. Il a constaté qu’en ajoutant des miroirs, il augmentait la température à l’emplacement cible. Cette démarche rigoureuse lui a valu de multiples médailles pour sa tentative de donner vie à l’ancien appareil.
Ses conclusions ravivent ainsi un concept antique. Dans un article publié en 2024 dans le Canadian Science Fair Journal, l’étudiant indique avoir démontré que « le principe derrière le rayon de la mort d’Archimède est certainement possible ». Il a prouvé que les miroirs pouvaient concentrer la chaleur de manière efficace.
Le mystère du siège de Syracuse

La légende d’origine s’inscrit dans le contexte du siège romain de Syracuse, une bataille qui s’est déroulée entre 214 et 212 avant notre ère. Le récit raconte que de grands miroirs, ou parfois des boucliers hautement polis, auraient été utilisés pour focaliser la lumière du soleil afin de contribuer à incendier les navires romains en approche.
Brenden Sener estime que ses expériences rendent concevable l’existence d’une version à plus grande échelle de cette arme. Il précise sa pensée en ces termes : « Les descriptions historiques de l’utilisation du rayon de la mort dans l’ancienne Syracuse sont plausibles ».
Aucune preuve archéologique ne vient cependant corroborer l’utilisation de ce rayon de la mort, parfois appelé rayon thermique. La version célèbre de l’histoire repose sur des récits ultérieurs plutôt que sur des archives contemporaines claires du siège. Le jeune chercheur ajoute : « cependant aucune preuve archéologique du rayon de la mort d’Archimède n’a été trouvée outre ce qui est consigné dans les livres des anciens philosophes. »
Les validations et les échecs de la science moderne

L’exploration du concept d’Archimède par la science moderne n’est pas une première. Dans son article de 2024, Brenden Sener note que la série télévisée MythBusters, diffusée sur Discovery Channel, a testé différents scénarios à trois reprises. Chaque tentative a échoué à enflammer un bateau. Des éléments incontrôlables, comme des navires en mouvement ou des nuages limitant la chaleur du soleil, feraient assurément échouer la manœuvre.
Le réseau d’information CNN a mis en évidence une autre tentative menée en 2005 par des étudiants du Massachusetts Institute of Technology. Cette équipe scientifique a réussi à brûler un bateau une première fois, mais a rencontré un échec lors d’un deuxième essai.
Le travail de Brenden Sener a retenu l’attention d’un spécialiste du domaine. Lors de l’entrevue avec CNN, Cliff Ho, un scientifique principal aux Sandia National Laboratories qui a présenté un exposé sur le rayon de la mort il y a environ une décennie, a salué le travail scientifique de l’adolescent. Ce chercheur estime que le rayon de la mort était possible, bien qu’il soit peu probable qu’il ait été construit ou utilisé.
Du rayon de la mort aux calculs rénaux

Toute l’importance de cette démonstration réside dans la validation d’un concept. L’expérience de Brenden Sener a testé la capacité des miroirs à concentrer la chaleur, sans chercher à affirmer que l’ancienne Syracuse avait réellement déployé une arme solaire fonctionnelle sur le champ de bataille. Le jeune homme reste fasciné par le savant grec : « Archimède était tellement en avance sur son temps avec ses inventions ».
Il complète son analyse sur l’impact historique du mathématicien : « Et cela a vraiment révolutionné la technologie à cette époque parce qu’Archimède pensait à des choses que personne n’avait réellement avant. » Cette reconnaissance de l’innovation antique marque une étape clé dans le parcours du collégien.
Depuis la publication de son article en 2024, l’organisme Youth Science Canada l’a inscrit dans l’équipe canadienne 2025 pour le MILSET ESI. Les registres des expositions scientifiques ultérieures et les mises à jour de son école soulignent désormais ses travaux primés sur la recherche concernant les calculs rénaux.
Selon la source : popularmechanics.com